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 La tombe d'Isabelle de Hainaut, épouse de Philippe II Auguste, à Notre-Dame de Paris

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Linceul royal
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Messages : 239
Date d'inscription : 23/03/2011
Localisation : Abbaye de Saint-Denis

MessageSujet: La tombe d'Isabelle de Hainaut, épouse de Philippe II Auguste, à Notre-Dame de Paris   Ven 8 Juil - 16:36

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La tombe d'Isabelle de Hainaut, épouse de Philippe II Auguste,
à Notre-Dame de Paris

Isabelle de Hainaut, dont le corps fut retrouvé en 1858 dans le choeur de Notre-Dame de Paris, est l'une des rares reines de France dont on possède encore la dépouille intacte.


© RMN

Une reine de France morte à 20 ans
Née en 23 avril 1170, morte le 15 mars 1190 à Paris, elle est, par son mariage avec le roi Philippe II de France, reine de France de 1180 à 1190. Elle est la fille du comte Baudouin V de Hainaut (vers 1150-1195) et de Marguerite Ire de Flandre (1145-1194), dite Marguerite d'Alsace, comtesse de Flandre.
Comme toutes les épouses des rois capétiens, à l'exception d'Anne de Kiev, Isabelle de Hainaut descendait de Charlemagne. Cependant, par rapport à ces dernières, elle en descendait par le compétiteur malheureux d'Hugues Capet, le duc Charles de Basse-Lotharingie, fils du roi Louis IV d'Outremer et frère du roi Lothaire. Elle était d'ailleurs issue de ce prince par ses deux parents. Ce double rattachement au dernier prétendant carolingien permit à certains auteurs médiévaux comme Gilles de Paris de mettre en avant le thème du retour de la royauté à la dynastie carolingienne avec son fils qui deviendra le roi Louis VIII.


Le 28 avril 1180, son mariage religieux avec le roi Philippe II de France, dit Philippe Auguste, est célébré par les évêques Henri de Senlis et Roger de Laon en l'église de l'abbaye Saint-Nicolas d'Arrouaise, dédiée à la Sainte-Trinité. Les cérémonies sont célébrées au château de Bapaume à proximité du territoire flamand.
Les grands du royaume sont convoqués au couronnement de la reine qui est prévu pour le jour de la Pentecôte à Sens, et non à Reims, ce qui est en contradiction avec la tradition de confier à l'évêque de Reims les couronnements et offense ce dernier comme membre de la famille de Champagne. Mais la cérémonie a finalement lieu en l'abbaye de Saint-Denis, non loin des possessions flamandes du Valois, où l'archevêque de Sens, assisté des évêques de Paris et Orléans, oint et couronne la reine et à nouveau le roi. C'est le comte de Flandre qui porte l'épée lors de la procession. Le roi porte la couronne pendant l'onction de la Reine.
Si le mariage entre Isabelle et Philippe procure à la famille de Flandre un parent à la cour, il renforce l'intérêt de la royauté pour la région flamande. Le comte de Flandre donne en dot à sa nièce l'importante région qui portera plus tard le nom d'Artois et qui comporte les villes d'Arras, Bapaume, Saint-Omer, à condition d'en garder la jouissance de son vivant. L'espoir de réunir l'Artois au domaine royal dépend cependant de la naissance d'un héritier pour la couronne de France.


Naissance de Louis VIII, fils de Philippe Auguste et d'Isabelle de Hainaut

C'est pourquoi en 1183 Philippe Auguste, pressé d'avoir un fils et brouillé avec les comtes de Flandre et de Hainaut, songe à se séparer d'elle. Elle n'a que 14 ans et est menacée de répudiation ...
En mars 1184, la répudiation est décidée. Une assemblée de prélats et de seigneurs réunie à Senlis va se prononcer, quand Isabelle, raconte le chroniqueur Gilbert de Mons, pieds nus et habillée en pénitente, fait à pied le tour des églises de la ville et implore Dieu devant le peuple qui l'aimait pour son grand cœur. Celui-ci prend fait et cause pour elle, et Philippe Auguste recule et la garde auprès de lui. Bien lui en prit, car Isabelle finit bien par lui donner l'héritier mâle tant désiré, le futur Louis VIII le Lion (1187-1226) qui sera le père de Saint Louis.

Isabelle meurt le 15 mars 1190 en donnant le jour à des garçons jumeaux qui ne vécurent pas.

Elle fut inhumée dans le choeur de Notre-Dame de Paris où les funérailles furent célébrées par l'évêque Maurice de Sully. L'emplacement de la sépulture semble avoir été choisi par la reine de son vivant, traduisant son attachement à la ville de Paris où résidait la cour, mais aussi à l'église du diocèse alors en cours de reconstruction sous l'impulsion de ce même Maurice de Sully. La reine se plaçait aussi sous la protection de la Vierge à qui était dédiée la cathédrale tout en appelant les suffrages des vivants, en particulier ceux des chanoines.
Le fait est notable, car en France, les tombeaux princiers et royaux étaient peu nombreux dans les cathédrales. Les abbayes et basiliques leur étaient préférées comme nécropoles.

La tombe d'Isabelle et sa redécouverte


Dalle funéraire d'Isabelle de Hainaut, jusqu'en 1699 dans le choeur de Notre Dame
© BNF

Sur sa tombe, on plaça une dalle de marbre qui la représentait tenant un sceptre.

Cette pierre tombale, qui nous est connue par un dessin de la collection Gaignères, resta en place jusqu'en 1699, date à laquelle commencèrent des travaux de réfection dans la cathédrale, notamment la mise en place d'un nouveau pavage.

Plusieurs tombes princières furent alors découvertes dans le choeur :
- le cercueil d'Isabelle de Hainaut (dont on ne tenta alors pas d'ouvrir le cercueil)
- celui de ses deux jumeaux morts en même temps qu'elle
- celui de Geoffroy Plantagenêt, fils d'Henri II Plantagenêt roi d'Angleterre, enterré à Notre-Dame de Paris sur ordre de Philippe Auguste en 1186.

Les tombes furent refermées et comme les anciennes dalles mortuaires furent égarées, on les oublia. C'est ce qui explique leur préservation durant la période révolutionnaire.

C'est en 1858, lors de la grande restauration entreprise par Eugène Violet-le-Duc que les ouvriers redécouvrirent les sépultures. Les architectes prirent le soin d'examiner soigneusement celle d'Isabelle de Hainaut.
Cette tombe se présentait sous la forme d'un sarcophage encore muni de son couvercle. A l'intérieur se trouvait un cercueil en plomb d'environ deux mètres de long, gravé à la tête, à l'extérieur, d'une grande croix dont les bras se terminaient en fleuron.

Violet-le-Duc procéda aussitôt à l'ouverture du cercueil dans lequel fut constatée la présence des ossements d'une personne de grande taille.
On y trouva aussi le sceau en argent d'Isabelle, une bague en or portant un quartz rose, un Agnus Dei, et enfin quelques lambeaux d'étoffes de soie.

Je ne sais ce que sont devenus les restes de la reine. Sans doute ont-ils été laissés sur place et le cercueil se trouve peut-être aujourd'hui dans la crypte où reposent les archevêques de Paris. Mais il serait utile d'en avoir confirmation ; je lance cet appel à toute personne qui aurait des informations à ce sujet.

En tout cas, point négatif, Violet-le-Duc ne s'est guère attaché aux objets retrouvés dans la tombe. Car le superbe sceau d'argent se retrouve aujourd'hui au British Museum à Londres ! Je ne sais par quel scandaleux trafic cet objet d'une rare qualité retrouvé à Notre-Dame a pu échapper à notre patrimoine. Un seul indice, il a transité par la collection du capitaine Raymond Johnes (1927-1970). C'est à sa mort que le musée londonien est devenu propriétaire du sceau de la reine de France (1970) ...




© The Trustees of the British Museum

Si les restes de la reine se trouvent encore sous le choeur, dans la crypte actuelle, il serait légitime qu'une plaque rappelant son souvenir (en reproduisant le dessin de Gaignières ?) soit posée dans le choeur de Notre-Dame.


queen
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Madame Sophie



Messages : 148
Date d'inscription : 05/04/2011
Age : 44
Localisation : Aquitaine

MessageSujet: Re: La tombe d'Isabelle de Hainaut, épouse de Philippe II Auguste, à Notre-Dame de Paris   Mer 13 Juil - 8:30

Stupéfiante histoire que vous nous contez là cher Linceul Royal ! Shocked

Et scandaleuse cette disparition des objets contenus dans le cercueil de la reine Isabelle de Hainaut , notamment la réapparition et l'achat du sceau par le British Museum !
Ce dernier aurait au moins pu laisser la primeur de cette acquisition , illégale à mon sens , au musée du Louvre !
Car on ne me fera pas croire que les conservateurs britanniques n'étaient pas au courant de la prestigieuse mais illicite provenance de ce bijou .
Idem pour le propriétaire ...qui curieusement n'a pas proposé cet objet aux autorités françaises Cool
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La tombe d'Isabelle de Hainaut, épouse de Philippe II Auguste, à Notre-Dame de Paris
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