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Le gisant de Charles d'Anjou
(provenance : église des Jacobins de Paris av. la Révolution ; auj. en la basilique de St-Denis)
On peut se demander, à voir certains dessins de la collection Gaignières, si les couronnes des gisants étaient de métal doré ou si le marbre lui-même était polychrome.
Les destructions puis les restaurations du XIX°s n'aident pas à éclaircir la question.
Charles V n'a plus de couronne mais un support sur le crâne laisse penser qu'il y avait en plus une pièce de métal.
A l'inverse, le gisant de Charles VI présente une tête et une couronne d'un même bloc de marbre.
Le petit gisant de coeur de Charles d'Anjou prouve en tout cas que le marbre pouvait être lui-même doré.
Charles d'Anjou, frère de saint-Louis, fut comte d'Anjou, roi titulaire de Jérusalem, puis roi de Sicile (+ 1285).
En Sicile, son gouvernement brutal provoqua le déclenchement des "Vêtres siciliennes" et le massacre des Français par la population locale. Il prétendit ensuite au trône de Byzance.
Son coeur fut inhumé dans l'église du couvent des Jacobins de Paris.
Comme l'indique l'inscription gravée sur la dalle, c'est Clémence de Hongrie (épouse du roi Louis X le Hutin) qui fit tailler dans le premier tiers du XIV°s ce tombeau à la mémoire de son arrière grand-père. Il tient son coeur de la main gauche et l'épée en pal autrefois (cassée aujourd'hui), de la droite.
Or, lorsque l'on examine la tête du gisant, on y trouve encore des traces de polychromie sur la couronne :
Ces précieuses traces sont un peu à la merci des touristes qui peuvent désormais circuler entre les gisants. La plupart d'entre eux se comportent correctement et ne touchent à rien. Mais une petite minorité ne peut s'empêcher de trouver du plaisir en tâtant ou en grattant.
Ce qui pose de nouveau la question de la bonne distance à faire observer et de la protection à renforcer.