Saint-Denis, cimetière des Rois

Forum consacré aux tombeaux royaux de la basilique de Saint-Denis
 
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 Les tombeaux princiers du couvent des Célestins, à Paris

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Alexandre Lenoir



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MessageSujet: Les tombeaux princiers du couvent des Célestins, à Paris   Ven 7 Oct - 20:07

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Le couvent des Célestins, à Paris - ses tombeaux princiers
ensemble aujourd'hui totalement disparu



L'extraordinaire cloître des Célestins, assurément l'un des plus beaux de Paris.
Entre la période révolutionnaire et 1820, des dizaines de cloîtres ont été détruits dans Paris.
Il n'en reste plus qu'un aujourd'hui, un petit, celui des Billettes ...
Ministère de la Culture (France) - Médiathèque de l'architecture et du patrimoine - © RMN

Comme l’écrivait Louis Réaux dans son Dictionnaire du vandalisme, « après Saint-Denis, il n’y avait pas d’église en France qui contint un plus grand nombre de tombeaux de personnages illustres que celle du couvent des Célestins fondé par Charles V dans le quartier de l’hôtel royal Saint-Pol, où il installa les Célestins à la place des Carmes ».
Si Réaux exagère un peu sur le nombre, la qualité des sépulture, elle, n’avait pas une réputation surfaite.


Le couvent des Célestins.
L’ordre bénédictin des Célestins a été fondé par l'ermite Pierre de Morrone, 1210-1296, qui devint pape sous le nom de Célestin V, d’où son nom.
Le couvent parisien de l’ordre des Célestins s'étendait au XIVe siècle entre la rue du Petit-Musc à l'ouest, la rue de l'Arsenal à l'est, la rue de la Cerisaie au nord, le quai des Célestins et la rue de Sully au sud. A l'origine, c'est le couvent des Carmes (ordre mendiant également appelé les Barrés en raison de leur habit rayé noir et blanc) que Saint Louis établit à cet endroit en 1254. Mais les Carmes sont trop loin de l'Université et déménagent rive gauche, près de l'actuelle place Maubert. Ils vendent leur couvent en 1319.
En 1352, le fils de l'acheteur en fait don aux Célestins qui s'y installent. On peut voir sur le plan de Turgot de 1739 la disposition du couvent, de l'église et des jardins. L'église se trouvait à l'angle de la rue du Petit-Musc et du quai des Célestins.


Le couvent des Célestins
Plan de Turgot (1739). On aperçoit à droite le cloître et l'église des Célestins

Les Célestins bénéficient de la protection du roi Charles V qui réside à proximité, de l'autre côté de la rue du Petit-Musc, à l'hôtel Saint-Pol. Quant à l'enceinte édifiée par ce roi à partir de 1365, elle se trouve non loin du couvent à l'est.
En 1365, Charles V pose la première pierre de l'église qui est consacrée en 1370 par l'archevêque de Sens, Guillaume de Melun. Le roi fait aux Célestins d'importantes donations : en 1368, pour achever la construction de l'église, le roi donne aux moines 10.000 francs or et 12 arpents de bois dans la forêt de Moret ; pour l'édification du couvent, il donne 5.000 livres et une partie des jardins de l'hôtel Saint-Pol. L'église est d'une structure simple : il s'agit d'un vaisseau unique de 48m de long sur 11m de large, qui se termine par une abside polygonale. Un jubé sépare la nef des trois travées du choeur des moines.


Dessin à la mine de plomb par Charles Ransonnette dans
L'Ancienne église des Célestins au coin de la rue du Petit Musc à Paris, 1831
On constate que la longue chapelle qui longeait au Sud l'église, encore visible en 1739, avait été détruite dans le courant du XVIII°s.
La toiture que le voit sur le dessin ci-dessus n'est plus encore visible en 1739.
C'est une couverture de fortune pour remplacer celle de la voûte, disparue lors de la Révolution.
Le portail (construit vers 1365-1370), représente de chaque côté Charles V et sa femme Jeanne de Bourbon, tandis que Pierre de Morrone figure au centre

Gravure de Carpentier, dans les Antiquités nationales, d'Aubin-Louis Millin, tome I, 1790.
© PMVP/Cliché M.L. Berthier
A ne pas confondre avec les deux statues qui ornaient l'entrée orientale
du château du Louvre, aujourd'hui au Musée du Louvre.
Celles des Célestins ont disparu.

Les statues de Charles V et de Jeanne de Bourbon sur les ébrasements du portail des célestins :
http://digitalgallery.nypl.org/nypldigital/dgkeysearchdetail.cfm?trg=1&strucID=695038&imageID=810578&total=7&num=0&word=Charles%20V%2C%20King%20of%20France%2C%201338-1380&s=3&notword=&d=&c=&f=2&k=0&lWord=&lField=&sScope=&sLevel=&sLabel=&imgs=20&pos=7&e=w

Si les effigies sculptées du souverain régnant sont apparues à Paris sous Philippe-le-Bel, Charles V multiplie de son vivant ses statues dans Paris : à plusieurs endroits au Louvre, à la porte de Seine de l'hôtel Saint-Pol, au portail de l'église du Petit-Saint-Antoine (entre les n°41-43 de la rue François-Miron et la rue du Roi-de-Sicile), à la porte orientale de la Bastille, au portail de l'église des Grands-Augustins (quai des Grands-Augustins), à la façade du collège de Dainville (à l'angle de la rue de la Harpe et de la rue des Cordeliers), à la façade du châtelet d'entrée de Vincennes.
Charles V n'est pas le seul bienfaiteur des Célestins à Paris. On conserve la trace de plus de 400 donateurs : surtout des princes (la famille d’Orléans, Anne et Philippe de Bourgogne, les Lusignan, les Stuart), et des officiers et serviteurs de l'Etat (Philippe de Mézières, Jean Budé, les Rochefort), également des bourgeois de Paris, des artisans et paysans.


Tombeau de Léon V de Lusignan, roi d'Arménie, en l'église des Célestins - état XVII°s
dessin, collection Gaignières, Bodleian Library d’Oxford

Les Célestins sont très liés aux notaires et aux secrétaires du roi qui avaient favorisé l'installation des Célestins à Paris. La confrérie des notaires et secrétaires du roi se réunit dans leur église et y fait célébrer de nombreuses messes. Philippe de Mézières, conseiller de Charles V qui le choisit comme précepteur du futur Charles VI, auteur de plusieurs traités, se retire aux Célestins à la mort de Charles V et y est enterré en 1405.

Les tombeaux de l’église des Célestins de Paris

Les pratiques funéraires des princes des fleurs de lys évoluèrent au XV°siècle.
Le déclin de Paris confronté à la guerre civile entre Armagnac et Bourguignon, l’invasion puis l’occupation étrangère, l’installation durable de la cour sur les bords de la Loire, les crises traversées par les dominicains et les franciscains, aboutirent à une perte de vitesse des ordres mendiants dans la capitale.
En outre, les princes sont désormais soucieux d’établir plutôt une nécropole dynastique au cœur de leur principauté.
Louis II de Bourbon choisit le prieuré de Souvigny en Bourbonnais, Philippe le Hardi fonde Champmol en Bourgogne, Jean de Berry entreprend à Bourges la construction de la Sainte-Chapelle qui abritera son tombeau, Louis II d’Anjou élit sépulture à la cathédrale d’Anger.

A Paris même, les princes préfèrent désormais des ordres caractérisés par des exigences spirituelles et par une réelle austérité. Les Célestins étaient de ceux-ci. C’est pourquoi ils firent rapidement figure de nécropole princière.
L’ordre s’était implanté en France grâce à la faveur des rois Jean II et Charles V, fondateur de leur église parisienne.
On y trouvait d’ailleurs :
- le cœur du roi Jean II le Bon (+ 1364)
- le cœur de sa seconde épouse Jeanne de Boulogne (+ 1360)
- les entrailles de Jeanne de Bourbon dont la statue gisante tient le petit sac destiné à les contenir [ aujourd’hui à Saint-Denis ]
- le cœur de Charles VI (+ 1422)
- le cœur d’Isabeau de Bavière (+ 1435)


Gisant d'entrailles de Jeanne de Bourbon, épouse de Charles V, en l'église des Célestins.
(aujourd'hui en la basilique de Saint-Denis)
Elle a dans la main un petit sac contenant ses viscères et son gisant est plus petit que le gisant du corps.
Le gisant de corps de Saint-Denis ayant été détruit, on l'a remplacé
en 1817 par le gisant d'entrailles qui se trouvait dans l'église des Célestins.

On y trouvait surtout le tombeau de Louis d’Orléans et de sa famille [aujourd’hui à Saint-Denis ].


Sur le tombeau de Louis d'Orléans, voir sur ce forum le sujet suivant:
http://saintdenis-tombeaux.forumculture.net/t57-le-tombeau-de-louis-d-orleans-1407-frere-de-charles-vi-et-de-sa-famille


Convoi funèbre de Louis d'Orléans, en route vers l'église des Célestins


Scène romantique (XIX°s) et parfaitement imaginaire (le tombeau n'ayant pas été fait de leur vivant) : Valentine Visconti, duchesse d'Orléans, prie sur le tombeau de son époux assassiné, dans la chapelle de l'église des Célestins ...
Philippe Coupin de la Couperie, 1822, Huile sur toile, Château de Blois, Blois

Après le Bal des Ardents en 1393 où Charles VI avait failli périr, Louis d'Orléans, fils cadet de Charles V et frère du roi, avait fondé une chapelle dans l'église des Célestins. Il s'y rendait chaque jour pour la messe, et dans son testament rédigé en 1403 mentionne que c'est là qu'il veut être enterré. Cette chapelle, édifiée par Raymond du Temple, flanquait l'église sur le côté sud au niveau des trois travées du choeur ; cela entraîna le percement d'arcades dans le mur sud de l'église (deux autres chapelles, également sur le côté sud, sont ajoutées avant le XVIe s.). Les gisants de Louis d'Orléans, de sa femme Valentine Visconti et de leurs fils Charles et Philippe, qui se trouvent aujourd'hui à Saint-Denis, ont été réalisés pour une chapelle des Célestins, au début du XVIe siècle par des sculpteurs italiens, à la demande de Louis XII qui voulait rendre hommage à ses aïeux.
En fait, Louis d’Orléans avait déjà fait enterrer deux de ses enfants aux Célestins. Mais la guerre civile du début du XV°s avait retardé son inhumation.
Louis XII se chargea donc en 1502 de faire rapatrier leurs restes de Blois. On trouva donc dans la nouvelle chapelle :
- Louis d’Orléans (+ 1408)
- Valentine Visconti son épouse (+ 1408)
Et leurs fils :
- Charles d’Orléans, le poète (+ 1465)
- Philippe, comte de Vertus (+ 1420)
- le cœur du 3° fils, Jean d’Angoulême (+ 1467)

Etrangement, c’est la fille de leur ennemi le duc de Bourgogne Jean sans Peur, Anne de Bourgogne (+ 1432) devenue duchesse de Bedford, qui s’implanta 25 ans après l’assassinat de Louis d’Orléans dans l’église. Car, en visite à Paris, elle tomba malade et y mourut en 1431 ; elle fut enterrée aux Célestins, proche de l'hôtel des Tournelles (actuelle place des Vosges) où résidait le duc de Bedford. Du tombeau, exécuté vers 1442 par Guillaume de Veluten, subsistent au Louvre le gisant et un pleurant au musée national du Moyen Age.


Tombeau d'Anne de Bedford
Collection Gaignières



Gisant d'Anne de Bedford, née Anne de Valois-Bourgogne,
fille de Jean Sans Peur et soeur de Philippe le Bon, ducs de Bourgogne
Musée du Louvre



Pleurants provenant du tombeau d'Anne de Bedford, auj. au Louvre
On doit enfin signaler l’extraordinaire monument aux Trois grâces soutenant l’urne du cœur d’Henri II, par Germain Pilon [aujourd’hui au Louvre], ainsi que la colonne du cœur de François II (+ 1560), œuvre du Primatice [ à Saint-Denis, aujourd’hui ]


Carditaphe d'Henri II par Germain Pilon, musée du Louvre, © RMN


Colonne du coeur de François II, par le primatice, auj. basilique de St Denis

La fin de l’église et des tombeaux
L'ordre des Célestins est supprimé en 1778.
Les sépultures furent violées à la Révolution, à l’exception de celle d’Anne de Bedford dont le cercueil fut retrouvé dans les années 1840. Dès 1793, les tombeaux, plus ou moins mutilés, avaient été entreposés au dépôt des Petits Augustins et le couvent désaffecté était devenu une caserne de gendarmerie.
Le tombeau des Orléans fut transféré sous la restauration à Saint-Denis.
L’église du couvent est détruite en 1795.

Restait l’extraordinaire cloître du couvent. Menacé d’être démoli, il mobilisa Alexandre Lenoir qui fit tout pour le sauver. Voyant qu’il n’échapperait pas à la démolition, Lenoir demanda le 17 novembre 1801 au ministre de l’Intérieur l’autorisation d’enlever les colonnes pour les remonter dans son musée. « Si vous n’arrêtez pas cette destruction, insista-t-il, nous perdons un des plus beaux monuments de Paris. Il n’en coûterait que huit mille francs pour le transport et la pose. » Malgré son insistance, sa démarche échoua. Le général Savary, commandant la gendarmerie casernée aux Célestins, lui opposa une fin de non recevoir et réussit à endormir sa vigilance de façon très hypocrite. Le 7 février 1802, il répondait à Lenoir : « Je ne puis, citoyen, consentir à la démolition du cloître des Célestins, la voûte que cette colonnade soutient étant de la plus grande utilité aux militaires de la légion d’élite. Je vous prie de n’y plus penser. Ne croyez pas que ce monument soit endommagé par les gendarmes parce que j’y tiendrai la main. » Paroles, paroles ! La pioche des démolisseurs s’abattit …

En 1847, ce sont les derniers restes du couvent qui disparurent.

En 1877, le boulevard Henri IV est percé, sa partie inférieure correspond à l'emplacement de l'ancien couvent, alors que l'actuelle caserne de la Garde républicaine (vers 1900) occupe les anciens jardins du couvent.

No

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MessageSujet: Re: Les tombeaux princiers du couvent des Célestins, à Paris   Sam 8 Oct - 13:44


cher ami voila bien un lieu que je ne connaissait pas du tout quel tristesse de voir un lieu si chargé d'histoire être détruit malgré les effort d'Alexandre Lenoir .

Au plaisir
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Richelieu



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MessageSujet: Re: Les tombeaux princiers du couvent des Célestins, à Paris   Sam 8 Oct - 15:24

Merci pour les informations intéressantes.!Et où sont maintenant les restes d’Anne de Bedford?
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Richelieu



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MessageSujet: Re: Les tombeaux princiers du couvent des Célestins, à Paris   Sam 8 Oct - 15:30

"Gisant d'entrailles de Jeanne de Bourbon, épouse de Charles V, en l'église des Célestins.
(aujourd'hui en la basilique de Saint-Denis)
Elle a dans la main un petit sac contenant ses viscères et son gisant est plus petit que le gisant du corps.
Le gisant de corps de Saint-Denis ayant été détruit, on l'a remplacé
en 1817 par le gisant d'entrailles qui se trouvait dans l'église des Célestins."

Et le gisant d'entrailles de Jeanne de Bourbon était situé plus tôt que en l'abbaye de Maubuisson?
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Alexandre Lenoir



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MessageSujet: Re: Les tombeaux princiers du couvent des Célestins, à Paris   Sam 8 Oct - 15:44

Eminence,

Les restes d'Anne de Bedford furent amenés à Dijon après 1840, pour rejoindre les ossements des ducs de Bourgogne tirés de la Chartreuse de Champmol. Elle repose désormais sous l'une des deux tours de la cathédrale Saint Bénigne :

http://saintdenis-tombeaux.forumculture.net/t173-un-mystere-que-sont-devenus-les-restes-des-ducs-de-bourgogne
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Richelieu



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MessageSujet: Re: Les tombeaux princiers du couvent des Célestins, à Paris   Sam 8 Oct - 15:51

Merci!

Alexandre Lenoir a écrit:
.
Le portail (construit vers 1365-1370), représente de chaque côté Charles V et sa femme Jeanne de Bourbon, tandis que Pierre de Morrone figure au centre

Aujourd'hui les statues des Charles V et sa femme Jeanne de Bourbon sont au musée du Louvre:


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MessageSujet: Re: Les tombeaux princiers du couvent des Célestins, à Paris   Sam 8 Oct - 16:10

En fait, non. Ce ne sont pas celles-ci.

Celles que vous montrez, cher cardinal, étaient celles qui ornaient l'une des grandes portes du château du Louvre. Il est vrai qu'on les a souvent confondues.

Mais Charles V avait fait placer ses représentations royales sur bien des monuments parisiens.

Malheureusement, celles des Célestins ont bel et bien disparu...

Je redonne le lien fourni par notre ami Alexandre Lenoir. On voit bien qu'il ne s'agit pas des mêmes sculptures :
http://digitalgallery.nypl.org/nypldigital/dgkeysearchdetail.cfm?trg=1&strucID=695038&imageID=810578&total=7&num=0&word=Charles%20V%2C%20King%20of%20France%2C%201338-1380&s=3&notword=&d=&c=&f=2&k=0&lWord=&lField=&sScope=&sLevel=&sLabel=&imgs=20&pos=7&e=w
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Richelieu



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MessageSujet: Re: Les tombeaux princiers du couvent des Célestins, à Paris   Sam 8 Oct - 16:17

Excusez-moi, s'il vous plaît.
Et le gisant d'entrailles de Jeanne de Bourbon était situé en l'abbaye de Maubuisson ou encore en le couvent des Célestins?
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Alexandre Lenoir



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MessageSujet: Re: Les tombeaux princiers du couvent des Célestins, à Paris   Dim 9 Oct - 10:04

Eminence, pour ce qui est DES tombeaux de la reine Jeanne de Bourbon, épouse du roi Charles V (elle est décédée en 1378) :
- Le gisant d'entrailles est celui représenté ci-dessus, que l'on peut voir aujourd'hui à Saint-Denis.
C'est lui qui faisait partie du tombeau d'entrailles de la reine Jeanne en l'église du couvent des Célestins.

- Le grand gisant de corps, lui, était bien sûr dès l'origine à Saint-Denis puisque c'est là que le corps de la reine se trouvait.
Il a hélas disparu en 1793. A-t-il été brisé ou fut-il perdu ? Nul ne le sait.

- Le gisant de coeur, lui, se trouvait dans une église aujourd'hui disparue : celle du couvent des Franciscains de Paris.
Nous ne savons pas à quoi ressemblait le tombeau et le gisant de coeur de Jeanne. Car le couvent des Franciscains a été détruit dans un incendie à la fin du XVI°s. François-Roger de Gaignières n'a donc pas pu en faire un relevé par dessin.
En revanche, on peut deviner son apparence en le comparant à un tombeau qui devait lui ressembler. C'est celui d'Isabelle de Valois ; celle-ci, dans son testament rédigé le 25 janvier 1380, précise qu'aux Franciscains la princesse souhaite reposer dans " la fosse et soubz la tumbe ou sepulture de marbre blan où le corps de feu nostre tres chiere dame et mere que Dieu absolve gist [ Mahaut de Châtillon-Saint-Pol, la troisième épouse de Charles de Valois,morte en 1358]". Or, pour son coeur, c'est Souvigny, en Bourbonnais, qui est désigné : elle demande la réalisation d'une "tumbe de marbre et un ymaige d'alabastre a notre semblance tenant en ses mains jointes un cuer ".
Gisant à l'image de la défunte, avec un coeur tenu entre les mains...

On retrouve le même type que pour les entrailles, sauf que les gisants de coeur et d'entrailles étaient beaucoup plus petits que ceux de corps.

C'est ce qui choque un peu aujourd'hui lorsque l'on voit la présentation (XIX°) du gisant de corps de Charles V (de grande taille) flanqué du petit gisant d'entraille de son épouse. C'est que le gisant de corps ayant disparu, on a choisi à la Restauration de rapatrier à Saint-Denis celui d'entrailles pour le remplacer, puisque de toutes façons les Célestins avaient été pillés et désaffectés et promis à la ruine ...
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MessageSujet: Re: Les tombeaux princiers du couvent des Célestins, à Paris   Dim 9 Oct - 17:20

Merci, cher Alexandre!
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MessageSujet: Re: Les tombeaux princiers du couvent des Célestins, à Paris   Ven 14 Oct - 6:55

Je connaissais le couvent des Celestins par sa réputation d'importante nécropole , mais je découvre concrêtement la richesse et la beauté de ce monastère honteusement anéanti Mad

Le cloître est d'une stupéfiante beauté Shocked
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MessageSujet: Re: Les tombeaux princiers du couvent des Célestins, à Paris   Mer 7 Déc - 16:28


Bonsoir en faisant des recherche sur le couvent des célestin je suis tombé sur une photos montrant la démolition des derniers vestiges de ce dernier lors du percement du boulevard Henry IV
la photos sera complétée de sa notice



La démolition des restes du couvent des Célestins, édifié au XIVe siècle, après le percement du boulevard Henri-IV, en 1877.
(Photographie de Charles Marville, crédit Musée Carnavalet/Roger-Viollet).

le musée carnavalet possède un fragment armoiries provenant de ce couvent en voici la photos et la notice




console provenant du couvent des Célestins
Anonyme
Vers 1400
Pierre
39 cm (H) x 42 cm (L) x 46 cm (ép.)
AP 142 (ancien n° 733)

L’église du couvent des Célestins construite par Charles V près de la Bastille fut agrandie en 1393 par son fils cadet Louis d’Orléans, qui y fit aussi des aménagements de bâtiments annexes. Cette console en proviendrait certainement car elle a été trouvée en fouilles, remployée dans un mur en moellons qui entourait le couvent.
La console devait être à l’origine encastrée dans un mur pour servir de support à une statue dont le nom est lisible ici dans la partie supérieure : saint Sulpice, archevêque de Bourges, primat d’Aquitaine.
Les deux anges portent un écu où se trouve l’une des premières représentations du Sacré-Cœur, entouré d’épines et surmonté d’une croix au centre de laquelle est posée une hostie. Par son iconographie, cette œuvre appartient au courant de dévotion marqué par le goût pour les représentations de mort et de souffrance, dans les années 1380-1420. L’œuvre correspond aussi au début de l’une des périodes les plus noires de l’histoire de Paris : la guerre civile entre les partis Armagnacs et Bourguignons (1407-1418), qui aboutit à l’occupation de Paris par les troupes bourguignonnes et anglaises (1418-1436).


Au plaisir
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MessageSujet: Re: Les tombeaux princiers du couvent des Célestins, à Paris   Sam 14 Jan - 0:17

Voici une représentation du tombeau des entrailles de Jeanne de Bourbon, épouse du roi Charles V. Ce tombeau se trouvait au couvent des Célestins dans le mur gauche du grand autel. De ce tombeau il ne reste que le gisant conservé à Saint-Denis et qui remplace celui disparu de la reine. Ce dessin a été réalisé à la demande de Roger Gaignières et nous fait découvrir le monument tel qu'il se présentait avant la révolution avec l'épitaphe que Roger Gaignières a retranscrit et qui entourait le tombeau.

dessin de Gaignière



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Alexandre Lenoir



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MessageSujet: Re: Les tombeaux princiers du couvent des Célestins, à Paris   Sam 14 Jan - 10:52

Cher Saint Eloi, je suis très impressionné !

C'est la première fois que je vois le petit gisant d'entrailles de Jeanne de Bourbon au milieu de son écrin de l'église des Célestins. C'est assurément très émouvant et cette image reviendra systématiquement à mon esprit lorsque je reverrai le tombeau (actuel et bricolé XIX°s) du tombeau de Charles V à St Denis !

Ces monuments des Célestins étaient décidément magnifiques. Quelle perte ! Elégants et d'une grande finesse décorative sans être jamais trop chargés.

Un point toutefois m'intrigue. Ces enfeux ont sans doute été repris et transformés à la Renaissance ou au début du XVII°s. Car tous les éléments de ces tombeaux ne sont pas médiévaux. Les consoles et les marbres multicolores doivent être postérieurs aux XIV° et XV°s [ C'est encore plus criant dans le cas du tombeau de Léon de Lusignan ! Cf les pilastres classiques ]. Ces modifications ne seraient-elles pas contemporaines de la reconstruction du cloître, dans le cadre de travaux de grande ampleur ayant touché l'ensemble des bâtiments du couvent ?

Il serait évidemment passionnant de connaître l'état décoratif d'origine de ces tombeaux médiévaux... Je pense qu'on peut l'imaginer en reprenant les documents de Gaignières et en éliminant les éléments stylistiques postérieurs au XV°s. Mais par quoi faudrait-il les remplacer ? Quels pouvaient être les éléments décoratifs médiévaux disparus (sous l'enfeu et sous sa voûte ?)

Mystère ...
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MessageSujet: Re: Les tombeaux princiers du couvent des Célestins, à Paris   Lun 18 Juin - 12:17

Bonjour ,

en consultant la collection Gaignière sur Gallica je suis tombé sur un dessin qui représente le monument des entrailles de Jean Gaston d'Orléans, duc de Valois, mort en 1552, à deux ans et de celui du cœur de Marie-Anne d'Orléans, duchesse de Chartres, morte en 1656. Ce monument et assez unique dans le sens qu'il a double fonction pour deux personnes.

dessin et notice




Monument engagé dans la muraille, avec fronton, demi-voûte intérieure et piédestal, sur lequel sont agenouillés deux génies tenant un cœur





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Dernière édition par SAINT ELOI le Sam 30 Juin - 20:17, édité 2 fois
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MessageSujet: Re: Les tombeaux princiers du couvent des Célestins, à Paris   Lun 18 Juin - 18:24


C'est en effet très curieux de voir un même monument sur deux parties démembrés du corps (le coeur / les entrailles) et pour deux sujets différents !!!

Il serait intéressant de voir quel lien unit exactement les deux défunts. Jean Gaston d'Orléans est mort à deux ans. Mais Marie-Anne d'Orléans duchesse de Chartres ? Etait-elle sa soeur et est-elle morte en bas âge ? Très difficile à savoir pour des personnes qui n'ont évidemment pas laissé de traces dans l'Histoire.


En tout cas, l'originalité de ce carditaphe / monument d'entrailles nous fait encore un peu plus regretter cette importante nécropole des Célestins dont il ne reste plus rien aujourd'hui.
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MessageSujet: Re: Les tombeaux princiers du couvent des Célestins, à Paris   Mar 19 Juin - 13:56

Je suis tout à fait d'accord avec vous cher ami. Ce monument à lui seul est une énigme qui faute d'exister encore ne peut qu’être sujet à hypothèse.

Quand au couvent des Célestins sa nécropole était d'une richesse inimaginable que les iconoclastes fanatiques de la Convention, ces talibans avant l'heure, ont fait disparaitre pour toujours. Heureusement qu'il eut un Roger de Gaignière pour en faire le relevé : que grâce lui soit rendue, il a tout autant sa place que Debret ou Eugène Violet Le Duc dans notre connaissance du Moyen age .

Au plaisir .
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MessageSujet: Re: Les tombeaux princiers du couvent des Célestins, à Paris   Mar 3 Juil - 15:00

Voici un dessin de Gainières représentant un monument de marbres polychromes et de bronze doré avec armoiries et épitaphe ayant été réalisé pour Jacques-Martin de Bellassise, évêque de Vances, mort en 1624




Ce qui me fait dire que ce couvent recélait d'immenses richesses artistiques malheureusement aujourd'hui disparues .

Au plaisir .
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MessageSujet: Re: Les tombeaux princiers du couvent des Célestins, à Paris   Jeu 5 Juil - 15:24

Voici un autre dessin de Gaignières montrant une épitaphe qui été réalisée pour André d'Espinay, cardinal archevêque de Lyon, mort en 1500 et qui était aussi placée dans le couvent des Célestins de Paris .

dessin et épitaphe



Titre(s) : [Épitaphe avec tableau peint représentant un prélat agenouillé et plusieurs religieux] [Image fixe] : [dessin]

Description matérielle : Aquarelle

Note(s) : Armes, en bannière : écartelé aux 1er et 4e d'argent au lion rampant de sinople, la queue, la tête de gueules ; aux 2e et 3e de gueules à neuf macles d'or posées en pal, au lambel d'argent de quatre pendants sur le tout. Sur le tout d'argent à la vouivre engoulant un enfant. - Tiré des Célestins de Paris
Réf. bibl. : Gaignières, 4752. - "Inventaire des dessins exécutés pour Roger de Gaignières et conservés aux départements des estampes et des manuscrits", Bouchot Henri, Paris, 1891, t. 2
André d'Espinay, cardinal archevêque de Lyon, mort en 1500

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MessageSujet: Re: Les tombeaux princiers du couvent des Célestins, à Paris   Jeu 1 Nov - 15:56


bonjours

la Bnf a mis de nouveaux dessin de la collection gaignière sur sont cite gallica et parmis ceux -ci un dessin représentant le tombeau de membre de la famille des ducs de brissac. Se tombeaux orné d'une colonne surmontée d'une urne est entouré d'Angelot se trouvait dans la chapelle d’Orléans..

le voici ainsi que sa notice



[Tombeau de marbre blanc et noir avec figures et colonnes ; au faîte de la colonne est une urne de bronze doré]

Description matérielle : Aquarelle

Note(s) : Armes, placées sur les deux côtés du monument : trois fasces denchées par le bas sur un blason de seize quartiers. - Tiré des Célestins de Paris
Réf. bibl. : Gaignières, 4759. - "Inventaire des dessins exécutés pour Roger de Gaignières et conservés aux départements des estampes et des manuscrits", Bouchot Henri, Paris, 1891, t. 2
1° Timoléon de Cossé, comte de Brissac, colonel de l'infanterie, tué à Mucidan, en 1569 ; 2° Louis de Cossé, duc de Brissac, pair de France, mort en 1661 ; 3° Jean Armand de Cossé, chevalier de Saint-Jean de Jérusalem, mort en 1658

Auteur(s) : Gaignières, Roger de (1642-1715 ). Collectionneur


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MessageSujet: Re: Les tombeaux princiers du couvent des Célestins, à Paris   Jeu 1 Nov - 17:16


En faisant des recherche concernant ce monument j'ai découvert qu'il avait en partie survécu et qu'il est conservé au Louvre et que certains de ces éléments les trophée entre autre on servit pour le mausolée factice de Louis XIV et que sur le cite dont je tire la photos , il est considéré comme mausolée du cœur .Gaignière se serait-il trompé ou alors c'est le Louvre qui à commis une erreur .Si un de nos membre sait y répondre j'en serais ravis .Merci d'avance .

Photos du mausolée et notice





Exécuté après la signature du contrat en 1661 entre son beau-frère et le sculpteur Etienne Le Hongre, pour la chapelle des Orléans en l’église des Célestins de Paris. Du monument subsistent au Louvre deux génies funéraires encadrant la colonne de marbre portant les initiales du défunt (les L entrelacés) et des couronnes ducales. A Saint-Denis, des reliefs ornés de trophées appartenant à son tombeau furent remontés au XIXe siècle dans la crypte pour réaliser la tombe factice de Louis XIV.

source :http://www.landrucimetieres.fr/spip/spip.php?article1983

mausolée factice de Louis XIV à saint Denis .



On reconnait les trophée encadrant le portrait du roi et provenant du mausolée des duc de Brissac .


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MessageSujet: Re: Les tombeaux princiers du couvent des Célestins, à Paris   Dim 18 Nov - 15:54


Bonjour voici un autre dessin du tombeaux du duc de Brissac au célestin .



Tombeau de Mr le duc de Brissac aux Célestins
Titre(s) : [Recueil. Gravures de tombeaux conservées avec les dessins de la collection Gaignières


On a représenté a part les armoiries ainsi que une vue de dessus du tombeau..

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MessageSujet: Re: Les tombeaux princiers du couvent des Célestins, à Paris   Lun 19 Nov - 21:14

Bonsoir l'imposant couvent des célestins abritait de nombreux monuments des grands familles du royaumes outre ceux de la famille royales parmi ceux -ci le monument du cœur du duc de Longueville qui se trouvait aussi a la chapelle d'Orléans.en voici l'historique et la description tiré de la notice du Louvre ainsi que le dessin de Gaignière et les photos du monument au Louvre .

Histoire et description

Cet impressionnant monument dominé par un obélisque de plus de 4 mètres de haut est le tombeau du coeur du duc de Longueville, compagnon d'armes du roi Henri IV. C'est le chef-d'oeuvre de François Anguier, qui partit avec son frère à Rome pour étudier l'Antiquité.

Ce tombeau fut élevé en 1661 dans la chapelle d'Orléans de l'église des Célestins de Paris, à la mémoire d'Henri de Longueville, mort en 1595. Son fils (qui y sera aussi enterré) en confia la réalisation à François Anguier, qui séjourna à Rome où il étudia l'Antique et l'art apaisé de l'Algarde (1595-1654). À son retour en France en 1643, le sculpteur renouvela la conception des monuments funéraires.

L'iconographie du mausolée s'inspire de l'Antiquité. Anguier érige un imposant obélisque, qualifié de pyramide au XVIIe siècle en raison de son caractère funéraire. Il est placé sur un piédestal en marbre, orné de frontons cintrés, motif antique réintroduit par les artistes italiens à la Renaissance. Aux angles sont quatre statues, les vertus cardinales : Prudence, Justice, Tempérance et Force. Malgré leur signification chrétienne, elles ont un caractère profane par leur canon, leur drapé et certains attributs : la Justice tient un faisceau de licteur et la Force figure en Hercule, vêtu d'une cuirasse romaine, armé d'une massue et la tête coiffée de la peau du lion de Némée. L'ensemble repose sur un socle orné de quatre bas-reliefs illustrant chaque vertu : ainsi Janus, le dieu romain aux deux visages, correspond à la Prudence.

L'affirmation d'une famille

Les quatre faces de l'obélisque de marbre noir sont décorées de bas-reliefs blancs. Deux sont ornés des armoiries de la famille et de trophées, glorifiant les vertus militaires des Longueville. Deux autres portent les attributs des Sciences, Arts et Lettres, célébrant leur culture. La Sculpture est occupée à tailler le buste du duc ; elle écrase la tête d'une Gorgone, symbole de l'Art triomphant du Vice.
Sur le piédestal, deux bas-reliefs en bronze évoquent des épisodes glorieux de la vie militaire du duc, compagnon d'armes du roi Henri IV dans la reconquête du royaume. À la bataille de Senlis (1589), il défit le duc d'Aumale : Longueville, sur un cheval cabré, charge au centre d'une mêlée de cavaliers armés à l'antique, tandis qu'une forêt de lances hérisse l'arrière-plan. Dans Le Secours d'Arques, le duc est figuré de dos, mais au centre de la composition : un palefrenier retient son cheval rétif tandis qu'il s'entretient avec Henri IV à cheval.

dessin de gaignière et notice



Tombeau de Mr le duc de Longueville...

gravures de tombeaux conservées avec les dessins de la collection Gaignières

photos







Bas relief en bronze du piédestal du tombeau

détail de trois des sculptures du piédestal



la tempérance



La justice



La force



Le monument au Louvre



Vue du Musée des Monuments Français vers 1816.

Ainsi donc se monument fut sauvé par Alexandre Lenoir qui le déposa au musée des monuments Français ou il devait rester jusque la restauration seul l'urne contenant le cœur a disparu ce qui est regrettable .

Au plaisir .
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MessageSujet: Re: Les tombeaux princiers du couvent des Célestins, à Paris   Mar 20 Nov - 19:44


bonsoir ,

Voici un autre dessin de Gaignière d'un monument funéraire aujourd'hui disparus exception faite de la la statue priant du chevalier .Il s'agit du tombeau de Louis Potier, marquis de Gesvres, mort en 1643 a Thionville Capitaines/Chefs de corps de la 3éme compagnie des gardes du corps ce dernier était le fils de René Potier Ier (1579-1670), marquis de Gesvres puis (1663) duc de Tresmes, en (1648, création), chambellan d'Henri IV, Conseiller d'État, Pair de France

Quand au monuments il se trouvait dans la chapelle de Tresmes dans l'église du couvent des célestins

Dessin et notice



Tombeau en forme de cénotaphe, engagé dans une clôture, au faîte duquel est agenouillée la statue d'un chevalier

Description matérielle : Aquarelle

Note(s) : Armes : Potier-Gesvres. - Tiré des Célestins de Paris
Réf. bibl. : Gaignières, 4434. - "Inventaire des dessins exécutés pour Roger de Gaignières et conservés aux départements des estampes et des manuscrits", Bouchot Henri, Paris, 1891, t. 2
Louis Potier, marquis de Gesvres, mort en 1643

Auteur(s) : Gaignières, Roger de (1642-1715 ). Collectionneur

voici une photos des sculptures des tombeaux du duc de sont épouse et de celui de leurs fils Louis.,seul vestige de son tombeau des célestins



Au plaisir .
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MessageSujet: Re: Les tombeaux princiers du couvent des Célestins, à Paris   Jeu 22 Nov - 15:24


bonjour.

La chapelle d’Orléans abritait un autre monument du cœur conservé au Louvre il s'agit de celui du compagnons d'arme d'Henri II, Anne de montmorency connétable de France tué a la .bataille de saint Denis en 1567.voici l'histoire du monument ainsi que les photos mais aussi le dessin que Roger Gaignière fit réaliser et qui est conservé a la Bnf .

histoire et description .

La sépulture du coeur du connétable de Montmorency fut érigée à côté du monument du coeur d'Henri II, dans l'église des Célestins de Paris : le roi avait en effet demandé que le coeur de son fidèle serviteur repose près du sien. C'est une oeuvre riche tant par le mélange des matériaux qui créent une véritable symphonie de couleurs que par sa signification symbolique.

Anne de Montmorency fait ses premières armes lors de l'expédition de Louis XII en Italie. Sous François Ier, il poursuit une brillante carrière militaire, mais est disgracié en 1540. À l'avènement d'Henri II, il devient l'un des personnages les plus influents du royaume. Résolument hostile aux protestants, il meurt en les combattant à Saint-Denis en 1567.
Le monument fut dessiné par Jean Bullant, architecte des Montmorency. L'idée d'une colonne centrale cantonnée de trois statues dérive du monument du coeur de François II (Saint-Denis, Basilique) dessiné par Primatice vers 1560.
Sur un soubassement en marbre rouge orné de bas-reliefs en marbre blanc, une colonne torsadée de marbre blanc monolithe, incrustée de marbre Campan (rosé), est entourée de trois Vertus en bronze. Au sommet de la colonne était l'urne du coeur, en bronze, fondue à la Révolution. Cette riche polychromie est caractéristique des oeuvres funéraires de Prieur, ainsi dans le Monument de Christophe de Thou.

Une iconographie symbolique

Les trois statues manifestent les bienfaits d'une Justice pacificatrice. La Paix brûle les armes et l'Abondance (aussi nommée la Félicité), tenant la corne, offre des épis de blé et du raisin : cette allégorie profane est inhabituelle sur une oeuvre funéraire. La Justice est due à Martin Lefort. Elle tient l'épée, attribut usuel, mais un rameau d'olivier remplace la balance. Dans la France déchirée par les guerres de religion, l'olivier symbolisait les partisans d'une Justice pacificatrice, prônant une solution politique, contre les sectateurs d'une Justice punitive (extermination des hérétiques Protestants). Le manteau parsemé d'étoiles est un attribut insolite : la figure incarne aussi Astrée, dont le retour sur la Terre après de sanglantes guerres symbolise la venue d'un nouvel âge d'or, ère de paix et de bonheur. Les reliefs sur le soubassement illustrent aussi la Concorde et la Justice. Cette iconographie incarne l'idéal de paix d'Henri de Montmorency, le fils du connétable, un des premiers à se rallier à Henri IV.

Un retour à l'Antique

La colonne torse est la première imitation dans l'architecture française des colonnes antiques de Saint-Pierre de Rome, qu'on croyait provenir du temple de Jérusalem (construit par Salomon). La colonne "salomonique" avait été popularisée par Raphaël dans La Guérison du paralytique, composition largement diffusée par la gravure. L'emploi de colonne dans l'art funéraire est une pratique de l'Antiquité.
S'éloignant des longilignes figures maniéristes de Fontainebleau, les Vertus de Prieur opèrent un véritable retour à l'Antique : beauté idéale des visages, sobriété des mouvements, drapé assagi soulignant le corps. Sagement répartie en deux bandeaux, la coiffure de l'Abondance, aux mèches ondulées profondément creusées, s'inspire de l'Antique.
Bullant et Prieur réalisèrent aussi le tombeau du connétable et de sa femme, élevé dans l'église Saint-Martin de Montmorency.(source Louvre FR)

photos



vue d'ensemble du monument .



Statue de l'abondance .



La concorde ou la paix



La justice.

dessin et notice



Colonne torse, élevée sur un socle, au pied de laquelle se voient des figures allégoriques en bronze


Note(s) : Tiré des Célestins de Paris
Réf. bibl. : Gaignières, 4428. - "Inventaire des dessins exécutés pour Roger de Gaignières et conservés aux départements des estampes et des manuscrits", Bouchot Henri, Paris, 1891, t. 2
Monument du coeur d'Anne de Montmorency, connétable de France, mort en 1567

Auteur(s) : Gaignières, Roger de (1642-1715 ). Collectionneur.

On remarque sur le dessin une tête de mort sculptée ainsi que des gantelets qui eux aussi on disparu que signifiait ces éléments cela reste une énigme .


Au plaisir .
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MessageSujet: Re: Les tombeaux princiers du couvent des Célestins, à Paris   Aujourd'hui à 5:57

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