Saint-Denis, cimetière des Rois

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 Description de la maison et de la salle du trésor

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SAINT ELOI



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MessageSujet: Description de la maison et de la salle du trésor    Dim 25 Mar - 17:29

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Description de la maison et de la salle du Trésor

Bonjour.
Aujourd'hui, voici la description du bâtiment renfermant le trésor et qui sera démoli en 1813. Cette description est tirée du second livre de madame Félicie d'Ayzac.qui raconte l'histoire de l'abbaye de saint Denis. Pour plus de facilité ce sujet sera en deux parties. La première partie concernera le Bâtiment, la seconde la salle du trésor.

1ere partie - Le bâtiment du trésor

" La maison du trésor aujourd’hui détruite était un édifice distinct et complétement séparé de la maison du trésorier.
Au pied du collatéral méridional de la basilique on voit une petite cour qui s'ouvre sur la place d'Armes de la ville de Saint-Denis à côté de la base du bas clocher. Cette cour dont la moitié est envahie depuis 1813 par la chapelle du chapitre se prolonge sous les murs de la sacristie dite basse jusque à la croisée du transept. C'est sur ce local solitaire qu'existait le bâtiment du trésor. Ainsi placé et construit sur un plan parallélogrammatique, il y avait à l'Est la croisée méridionale du transept, à l'Ouest la partie antérieure de la cour où il était assis lui même, au Nord la chapelle de Saint Michel devenue plus tard le vestiaire et au sud l'extrémité de l'hôtellerie qui est aujourd’hui l'économat. Des traces de démolition et des trous encore apparents marquent dans le mur terminal de ce dernier corps de logis les points de contact qui ont existé entre l'un et l'autre édifice pendant un laps d un demi siècle. Il faut se placer pour les reconnaître dans la cour toujours déserte, toujours profondément muette, qui n'a gardé que cette trace de l'existence du trésor.
Un bras de la petite rivière de Crould roulait son onde pacifique sous les murs mêmes du trésor et simultanément avec les grands réservoirs de la basilique mettait les richesses qu'il recélait à l'abri des ravages de l'incendie. On voit encore à cette place les dalles noircies et rongées par l'humidité. Le flot encaissé sous le sol fait suinter les assises inférieures des murs qui enclavent cette cour où vivent une mousse épaisse et l'inculte végétation qui fleurit sous l'œil de Dieu seul dans les locaux abandonnés. Enfant, notre regard s'étonnait de la tristesse de ce lieu. Nous avons passé bien des heures à en écouter les silences et à nous laisser dériver à de sérieuses rêveries que nous n'avons jamais savourées que là. De notre poste d'observation nous interrogions, curieuses, les basses ogives grillées percées dans les caveaux funèbres creusés tout près de cette cour et nous attribuions alors à l'influence délétère dont notre imagination les investissait sa température glacée, la mélancolie de son ombre, et l'étiolement des plantes pariétales qui croissent au pied de ses murs. Dans cette enclave solitaire à l'est de la maison du trésor et sur l'un des points occupés aujourd’hui par la chapelle appelée longtemps chœur d'hiver partait du collatéral méridional de la basilique un bel escalier de marbre montant en forme d'éventail au pignon terminal du nord de la maison conventuelle.
A la hauteur de l'entresol sur l'un des repos de cet escalier on trouvait en tournant à gauche la porte d un vestibule qui donnait accès au trésor ."

Voila donc la description du bâtiment réalisé dans la seconde partie on découvrira la salle du trésor et ses armoires .

Au plaisir .

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SAINT ELOI



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MessageSujet: Re: Description de la maison et de la salle du trésor    Lun 26 Mar - 20:55

Bonsoir .

Voici aujourd'hui la seconde partie de notre description. Il s'agit de la salle du trésor et de son contenu que nous découvrirons par ce que vit le religieux dom Robert, un des derniers moine de l'abbaye, qui le retranscrivit dans un manuscrit et que madame Félicie d'Ayzac recopia dans son livre.
Aujourd'hui je vous laisse découvrir ce qui n'est plus .

Demain vous découvrirez la visite que fit monsieur frère de Louis XIV à saint-Denis et à la salle du trésor.
Bonne lecture a tous !

Seconde partie - La salle du trésor et son contenu

" La salle qui portait ce nom communiquait au rez de chaussée avec la basilique et avec le vestibule de la galerie nord du cloître. C'est par la serrure de la porte placée à l'extrémité du passage qui aboutissait à celui ci que le sous prieur dom Tixier découvrit en 1650 l'homme qui fournissait de l'eau et des vivres aux troupes du parti des princes cantonnées dans le bas clocher.
La salle du trésor était placée sur une voûte. Son rez de chaussée qui occupait au XVII° siècle une partie de l ancienne chapelle de Saint Michel se composait alors de deux divisions.
L'une qui s'ouvrait au sud était l'atelier des brodeurs ou tapissiers de l'abbaye placés sous les ordres d'un frère convers; l'autre était le logis des suisses s'ouvrant à l'Ouest sur la cour dont le chœur d'hiver envahit peu de temps après la moitié. Là étaient les lits et les armes de ces vigilants gardiens de la basilique qui ne s'écartaient jamais de ce sanctuaire et qui de ce poste placé près des deux confins veillaient à la fois sur la basilique et sur le trésor.
Des chiens les accompagnaient dans les rondes qu ils renouvelaient le jour et la nuit et qu ils faisaient toujours armés Ces intelligents animaux dressés à cette œuvre de vigilance parcouraient toutes les chapelles flairaient et visitaient tous les coins, se glissaient derrière et sous les autels fouillaient les moindres intervalles qui séparaient les mausolées et ne laissaient nulle part rien d'inexploré. En 1672 lors du partage des biens fonciers et des rentes de l abbaye en trois lots l' un pour un abbé, le second pour les religieux et le troisième pour l'entretien des bâtiments, les chiens ne furent point oubliés et il fut question d'allouer une rente annuelle pour leur nourriture. Cette somme discutée entre l'abbé cardinal de Retz et les moines fut fixée par le grand conseil du roi à 3550 livres par an.

La salle du trésor a été démolie avant l' an 1813. Elle avait environ 36 pieds en carré et 20 dans l'œuvre et était voûtée à quatre pans. Ses arceaux venaient appuyer leurs retombées sur un seul pilier de porphyre placé au centre de la salle et dont leurs arêtes semblaient être les ramifications.
Cette voûte était due à Michel Le Goust, serrurier de l'abbaye en 1568 qui reçut vingt sept sous tournois pour cette œuvre et celle des deux salles voisines dont une est encore subsistante dans la maison conventuelle ; elle fut exécutée en même temps par André Caubert et Marin Polly maçons demeurant à Paris pour la somme de quatre livres dix neuf sous tournois. Une lampe brûlait jour et nuit dans ce sanctuaire par respect pour les reliques qu'il recélait.
A gauche en entrant était la chambre du trésorier. A droite le long du mur et en le suivant en retour d'équerre étaient disposés deux rangs d'armoires. C'est dans le rang inférieur qu'étaient rassemblées avec ordre toutes les pièces du trésor. Les armoires les plus éloignées de l'entrée contenaient les objets d'or et d'argent, les couronnes, les pierreries, les reliquaires, les joyaux que nous détaillerons ailleurs. Les plus voisines de l'entrée étaient réservées aux habits du sacre du roi vivant, à savoir le manteau royal en velours violet à fleurs de lis d'or, son agrafe de pierreries, le surcot ou camisole de velours violet cramoisi, la tunique et la dalmatique de satin bleu, les bottines et la bourse de même couleur et de même étoffe avec des glands des cordons et un fermoir or et bleu, la couronne de Charlemagne gemmée et fermée à l'impériale, le sceptre d'or fin et la main de justice du même prince faite de corne de licorne ciselée et couverte de pierreries. Là étaient encore éperons d'or garnis de grenats et de fleurs de lis, l'épée de Charlemagne à pommeau garde et poignée d'or conservée dans son fourreau de velours violet. Les pistolets d'arçon non moins riches que tout le reste complétaient l armoire du sacre. On y voyait à côté d'eux le Pontifical ou livre du sacre attribué par dom Félibien au XI siècle. Le battant supérieur de ce vélin couvert en vermeil émail portait encadrée dans une double bordure de pierreries et de fleurs de lis la peinture du crucifix adoré par deux anges et par la sainte Vierge et saint Jean . Au dessus de ces armoires étaient suspendues des armures consacrées par d'illustres noms. On voyait parmi ces trophées une épée que le sang n'avait point rougie et un ceinturon de buffle dont les annelets la garniture et les boucles des pendants étaient d'or. C'était tout ce qui était resté de l'armure de Jeanne d'Arc offerte par les propres mains de cette héroïne dans le sanctuaire de Saint Denis mais que l'évêque de Thérouanne un instant maître de la ville s'était hâté d'en arracher. Crut-il anéantir avec elle ce nom d'héroïque mémoire qui fera éternellement rougir le front des Anglais ? Sur les planches les plus élevées des armoires réservées aux joyaux et aux reliquaires étaient alignées des couronnes étincelantes de pierreries ; les unes étaient celles qui servaient aux cérémonies du sacre du couronnement et des funérailles des rois et des reines ; les autres avaient été offertes en don à la basilique par la piété de plusieurs d' entre eux. Toutes étaient distinguées les unes des autres par la variété du luxe, leur destination spéciale et les noms de leurs donateurs. Celle de l'empereur Charles le Chauve toute rutilante de rares joyaux avait été enlevée en 1564 par les ligueurs mais on y voyait celles de Philippe I et Louis VI, celle que Philippe Auguste fit faire et magnifiquement pour le couronnement des reines et trois couronnes offertes par saint Louis. Les couronnes Louis XIII de Jeanne d'Evreux, d' Anne de Bretagne n'attiraient pas moins les regards. Les armoires du rang supérieur ne s'ouvraient pas au public mais seulement aux personnages d'élite dignes de cette faveur. Elles renfermaient les statues en cire d'un bon nombre d' entre les rois de France, toutes grandeur naturelle et portant disait-on la marque de leurs traits. On les nommait les effigies et elles avait été transportée à Saint Denis le jour et lors de la cérémonie des funérailles du roi qu'elles représentaient couché sur un lit de parade qui prenait alors simultanément avec elles le nom de représentation.
L'effigie ruisselante d'or et ornée de riches joyaux, le tribut payé par la mort au trésor de la basilique, la suite de chaque solennité funéraire qui en ouvrait les sombres caveaux au prince que le trépas venait de déposséder ...
L'effigie dans tout son éclat et parée de ses pierreries entrait pour n'en plus ressortir dans la nuit des hautes où l' attendaient ses devancières. Au pied et le long des armoires qui tenaient au mur en retour d équerre c'est à dire devant les seules d'entre elles qui s'ouvrissent à la curiosité du public, régnait une balustrade séparée de ce rang d'armoires par une distance d'environ cinq pieds. Cet espace était le domaine exclusif du trésorier. Il circulait seul dans cette galerie réservée d'où il ouvrait les armoires à la foule dès chaque jour à deux heures après midi. De cet accès de ce riche dépôt accordé aux yeux était interdit la main.
Prudente et sage précaution.
En effet le de Saint Denis était le plus opulent qui fût en Europe. Souvent après la réception des ambassadeurs le roi envoyait visiter son trésor de Saint Denis aux flambeaux.
Les armoires du trésor au nombre de cinq sur rangées étaient une œuvre de menuiserie d'un travail confectionnée vers l'an 1560 par l'ordre du cardinal de Lorraine occupant le soixante cinquième rang dans série des abbés et le deuxième rang mandataire dans l'histoire de l'abbaye. Les serrures en avaient été commandées et faites en ... et s'ouvraient au moyen de quatre clefs. L'une demeurait déposée entre les mains du trésorier, l'autre était chez le grand prieur. Le sous prieur et le grand prieur possédaient chacun une des deux autres. Jehan maître serrurier à Paris recevait en 1 533 huit livres pour les serrures des armoires du trésor et en ... cent vingt livres pour leur fermeture.
Le trésor de Saint Denis était composé de pièces grâce à des dons de la munificence des rois de France et des étrangers. Dagobert, Charles le Simple, Pépin, Charlemagne, Charles le Chauve, Louis VI, Philippe Auguste, saint Louis et presque tous leurs successeurs. Les Berthe, Hildegarde, Isabelle de Bavière, Anne de Kief, le khalife Haroun al Raschid, plusieurs d'entre les rois d'Angleterre et les rois d'Espagne y avaient contribué par des dons de couronnes d'armes d'une innombrable quantité de vases de prix, de hanaps, de reliquaires, de joyaux, et les livres ainsi que les mitres abbatiales et les ornements qu'on y conservait étaient autant de raretés dont la magnificence rivalisait avec l'habileté de la main d œuvre.

L'inventaire manuscrit du trésor de Saint Denis en 1663 et conservé aux Archives de France occupe un volume grand in 4 de cinq cent trente six pages.
En le parcourant, on est ébloui de cette opulence. Les victoires, les réjouissances publiques, la grave prévision de la mort souvent aussi des joies privées ou des pertes inconsolables apportaient en effet au trésor de Saint Denis des nombreux objets de grande valeur. Les reines lui léguaient leurs robes et tous ornements de prix dont s'était parée leur beauté. En 1390 Jeanne d'Eu duchesse d'Athènes lui laissait par son testament sa robe de noces toute entière pour faire un devant d'autel et des chasubles et vêtements. Il y avait aussi ceux d' Isabelle de France, fille du malheureux Charles VI, de Richard III roi d Angleterre, à sept ans veuve à onze rentrée à quatorze ans en France et remariée au Charles d Orléans. Elle mourrait dans sa vingt deuxième année au milieu du premier épanouissement d'un bonheur à peine goûté. Le prince arrosa de ses larmes les robes de bal et de fête les fraîches parures les manteaux de cour les blanches hermines les diamants les bandeaux de perles moins éblouissants et moins beaux que cette gracieuse enfant.
Il fit réunir sous ses yeux le satin le velours la moire les étoffes d'or et d'argent portés dans des jours d'apparat et encore tout imprégnés des senteurs qu'elle avait aimées. Puis il voulut qu'elles ornassent les chapelles de Saint Denis et les envoya au trésor pour ne consacrer qu'à Dieu et aux saints ces pures et chères reliques."


A noter que la couronne de Charles le chauve était en réalité la couronne du sacre des rois que j'ai décrite dans un autre sujet et que celle de Philippe 1er ainsi que celles de saint Louis disparurent lors de la guerre de cent ans
Quant à celle d'Anne de Bretagne, il s'agit en réalité de la couronne des funérailles d'Anne d'Autriche .

Au plaisir .
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MessageSujet: Re: Description de la maison et de la salle du trésor    Mar 27 Mar - 16:28

Bonjour.

Voici aujourd'hui la troisième partie de ce sujet.
Il s’agit de la visite qui fit monsieur frère du roi alors âgé de 11 ans en 1651.
Dom Félibien nous en a laissé le récit que madame Félicie d'Ayzac a retranscrit dans son livre.

Bonne lecture !

3éme partie - Visite de Monsieur à Saint-Denis

" L'abbaye qui a ouvert ses portes à tout ce que l'Europe a eu de plus grand et de plus célèbre, l'abbaye qui reçut bien des fois simultanément la cour pontificale et celle du roi et dont l'hospitalité fut à la hauteur de ces hôtes par excellence, l'abbaye durant son existence de douze siècles vit tour à tour dans ces réceptions solennelles tous ses locaux en dehors des lieux réguliers servir de salles de banquet.
Le trésor eut aussi son jour. Il devint salle de banquet pendant quelques heures pour une compagnie d'élite et pour un prince encore enfant.
Le 5 septembre 1651, treizième jour anniversaire de la naissance du jeune roi Louis XIV, au moment où finissait l'office de vêpres, un groupe brillant débouchait par le grand portail dans la basilique parée où mouraient les dernières harmonies des hymnes sacrées et où se perdaient les derniers nuages de l'encens qu'avaient balancé dans les airs les thuriféraires.
Un enfant âgé de onze ans précédait le noble cortège. C'était Monsieur frère du roi, envoyé par la reine mère pour la suppléer ce jour-là au pied de la châsse de saint Louis et de l'autel de saint Denis où des prières spéciales se continuaient depuis neuf jours pour le jeune roi.
Monsieur reçut de la communauté l'accueil le plus empressé. Le grand prieur le conduisit successivement au pied des châsses de saint Louis et de saint Denis et près de la tombe de Louis XIII déposée sous l'arche funèbre au pied de la statue de la sainte Vierge, au bas de la dernière marche des degrés du caveau royal.
Les princesses de Carignan, le maréchal du Plessis Praslin, gouverneur, la comtesse de Brienne et les autres dames avec les seigneurs de la suite s'agenouillèrent à distance durant ces pieuses stations. Monsieur fut ensuite conduit à travers les mausolées pressés dans le chœur et dans le transept de la basilique que le grand prieur lui montrait les marbres muets, les autels splendides, les statues rêveuses, les vitraux d or et de saphir, les pieux emblèmes, les grandes images des rois et les autres magnificences de cet empire de la mort.
Le trésor avait mis à nu toutes ses richesses et Monsieur garda souvenir de cette salle au jour voilé mais tout étincelante comme celles des premiers rêves ou des contes orientaux de l'éclat de l'or des rubis,, des émeraudes, des topazes, des grenats, des perles et des diamants échelonnés dans ses armoires. Une collation disposée selon les règles de l'étiquette la plus exacte était dressée au centre de ce féerique éblouissement.
Le prince et les dames prirent place. Des pâtisseries recherchées, des roulets, des tartes, crèmes, des conserves de toute espèce, des fruits rares, des pâtes sucrées et glacées, des gelées et des confitures, des riches surtouts à rocailles, des gerbes de fleurs odorantes et des liqueurs italiennes dont les tables surabondaient.
Et par une exception bien rare, ce sanctuaire du silence entendit le bruissement d'une causerie insolite et les rires épanouis du jeune hôte à qui s'adressait cette réception.

Un siècle et demi à peine écoulé en 1793 et au même mois de septembre dans la nuit du onzième au douzième jour, les dix armoires du trésor, ses retraites les plus cachées, livraient de nouveau leurs merveilles.
Cette fois c'était le pillage qui s'accomplissant dans les ténèbres et portant tous les caractères d'une brutale violation. Dans cette sacrilège nuit, douze commissaires de la Convention nationale, par ordre du département et en présence du district et de la municipalité de Saint Denis, enlevèrent à pleines brassées les dons de la munificence de cinquante huit générations souveraines, les châsses, objets de respects et de vénérations sans nombre, les crosses, les calices d'or, les hanaps, les œuvres d'art incomparables dont l'âge se comptait par siècles, les reliquaires ciselés émaillés incrustés de pierreries fines, les vélins revêtus d'ivoire, d'or, de vermeil, damasquinés, constellés de perles ou illustrés de figurines taillées en bosse, les couronnes d or, les sceptres, les garnitures de camées, les insignes royaux, les joyaux inappréciables, les vases de prix, les antiques dont la provenance se perdait dans la nuit des temps, les curiosités et les raretés venues d'outre mer, puis les beaux ornements d'autel en velours ou brocard d'orfrois, les chapes gemmées qui n'avaient pas leurs pareilles en Europe et dont les emblèmes les entrelacs et les rinceaux serpentaient sur des champs de perles, ces tant belles chapes que des abbés et quatre reines avaient employé tant d'années à faire tisser et broder dont le moine Doublet a compté les gemmes les diamants et les plaques d or et qu il contemple si souvent en laissant reposer sa plume avec un claustral et naïf amour. Ces offrandes de tant de siècles échappées aux violences des huguenots et à tous les fléaux des guerres civiles, tout fut arraché, amoncelé dans de grandes caisses de bois et traîné dans des chariots à la Convention nationale.
Il en reste un vain souvenir et aussi quelques inventaires qui sont ceux que dom Doublet, dom Milet, dom Félibien et quelques autres religieux qui ont écrit sur la basilique nous ont laissé de plus complet ."

Je me répète peut être une fois de plus, mais la révolution et surtout les jacobins furent les artisans de la perte de nombreux chef d’œuvre.

Au plaisir

.
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MessageSujet: Re: Description de la maison et de la salle du trésor    Mer 28 Mar - 14:26

Voici un dessin provenant du site Saint-Denis culture fr , illustrant le pavillon du trésor de l'abbaye de saint Denis



Restitution du cloître gothique avec au premier plan, et de gauche à droite, le trésor, l'hôtellerie, le réfectoire, le bâtiment des cuisines et, au second plan, le bâtiment des moines.

Et voici une autre vue avec le cloitre du XVIII éme siècle. On y distingue toujours en premier plan le pavillon du trésor .




et enfin tiré de Wikipédia une photos de la maquette de la basilique et du cloitre médiévale : on voit bien accolé à la basilique le pavillon du trésor .



Au plaisir .
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MessageSujet: Re: Description de la maison et de la salle du trésor    Jeu 29 Mar - 21:19

Merci à Saint Eloi pour cet excellent travail ! Cette visite de Monsieur, frère du Roi, est vraiment surprenante ! Prendre son sorbet avec les dames au milieu des richesses du trésor ... !

C'est surtout la description de l'organisation des armoires qui est ici précieuse. Et l'on voit enfin comment étaient placées les effigies royales de cire par rapport aux pièces du trésor lui-même !

Pour situer la Salle du Trésor sur un plan :


Partie du plan de l'église de l'abbaye royale de Saint-Denis, gravé par Iselin en 1705
(tiré de l'Atlas historique de St Denis, sous la direction de Michaël Wyss -
le document n'est pas ici de qualité à cause de la pliure où se trouve justement le trésor !
On devine toutefois les vitrines du trésor représentées par des rectangles gris contre les murs de la pièce d'exposition.)

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SAINT ELOI



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MessageSujet: Re: Description de la maison et de la salle du trésor    Ven 30 Mar - 22:03

Merci à vous cher linceul pour ce document qui nous montre ainsi la disposition des armoires du trésor. Quant à moi j'ai trouvé un plan de l'abbatiale qui nous montre le bâtiment du trésor collé contre la basilique ; ce plan provient des feuillets d'Alexandre Lenoir .




N° d’inventaire :RF5282-8-recto-folio6
Fonds :Architecture
Titre :Plan de l'abbaye de Saint-Denis
Description :Folio 6 rapporté au recto. Album Lenoir Alexandre -4-
Auteur :Anonyme
Ecole :Ecole française
Crédit photographique :(C) RMN-GP (Musée du Louvre) / Droits réservés
Période :19e siècle
Technique/Matière :aquarelle, encre grise, papier lavé de beige, plume (dessin)
Hauteur :0.524 m.
Longueur :0.405 m.
Localisation :Paris, musée du Louvre, D.A.G.
Acquisition :1921, don, héritiers d'Alexandre Lenoir

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MessageSujet: Re: Description de la maison et de la salle du trésor    Sam 31 Mar - 8:41

Intéressant document synthétisant différents états historiques, juste avant les travaux entrepris par Cellerier.

On voit notamment l'ancien accès entre la basilique et l'abbaye. A moins qu'il ne s'agisse d'un projet non réalisé ?

On voit aussi la Rotonde des Valois, alors qu'elle avait disparu un siècle auparavant.
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MessageSujet: Re: Description de la maison et de la salle du trésor    Sam 31 Mar - 16:09

Ce plan est intéressant à plus d'un titre car il nous montre aussi la situation des tours encadrant la porte de l'abbaye qui furent telles détruites en 1776. On dirait que ce plan daterait plutôt du début du 18éme avant la reconstruction de l'abbaye. Peut être qu'Alexandre Lenoir n'ayant pas trouvé de plan plus récent l'a recopié tel quel.
Encore un petit mystère ????

Au plaisir
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MessageSujet: Re: Description de la maison et de la salle du trésor    Mar 3 Avr - 5:50


Cher Linceul en parcourant un cite anglais je suis tombé sur la reproduction complète du plan d'Iselin dont vous avez posté une partie.

voici le plan dans son intégralité . Malheureusement on ne sait l'agrandir plus mais on reconnait bien la salle du trésor que vous aviez entouré ainsi que les armoires et de plus on voit encore la rotonde des Valois .



Au plaisir.
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MessageSujet: Re: Description de la maison et de la salle du trésor    

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