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 Les funérailles de Charles VII le Victorieux (1461)

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SAINT ELOI

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MessageSujet: Les funérailles de Charles VII le Victorieux (1461)   Ven 13 Juil - 23:15

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Les funérailles de Charles VII le Victorieux (1461)

Après des années à Lutter pour libérer la France de la domination anglaise et à peine le royaume ayant retrouvé la paix, la santé du roi Charles VII commence à décliner.


La santé du roi et sa mort
Dès l'automne 1455, le roi connaît une première alerte sans conséquence. Son entourage le dit "mal disposé d'un côté". Il se remet vite, mais souffre de plus en plus de la jambe, peut-être d'un ulcère qui l'oblige à porter des chausses de toile lacées sur le mollet : "Un mal incurable en une jambe qui tout le temps coulait et rendait matières incessamment", rapporte le chroniqueur Georges Chastellain. Mais le roi ne peut se résoudre ni à freiner ses excès de table ni à renoncer à ses nombreuses et passagères maîtresses.Durant ses dernières années, Charles VII vit dans la peur du complot et de la mort par empoisonnement. Cette hantise es aiguillonnée par le dauphin, le futur Louis XI, qui est si impatient d'accéder au trône que le moindre écho de la mauvaise santé de son père fait naître un sourire sur son visage. En décembre 1457, le souverain souffre d'un nouvel abcès purulent à la jambe. Sa santé se détériore encore un peu plus à l'annonce de la mort du roi Ladislas de Hongrie, héritier légitime du Luxembourg, détenu indûment par le duc de Bourgogne, Philippe le Bon. Ce décès survient alors que Ladislas devait épouser une des filles du Valois afin de sceller leur alliance face au Bourguignon. Une fois de plus, Charles VII se rétablit, mais pour rechuter au début de l'année 1461. Au début du mois de juillet 1461, l'extraction maladroite d'une dent provoque une crise qui sera fatale au souverain. L'abcès dégénère en phlegmon dans la gorge qui empêche le malade de s'alimenter. La plaie de la jambe s'ouvre à nouveau. A partir du 10 juillet, on célèbre quotidiennement des offices pour la guérison du roi. Le 17, Charles d'Anjou, le frère de la reine Marie écrit au dauphin : "Il nous semble que le roi s'affaiblit plus que de coutume. Nous, comme ceux qui désirent vous servir et obéir après lui, nous avons délibéré de vous écrire et faire savoir, pour vous en avertir comme il est raisonnable, afin d'avoir surtout tel avis qu'il vous plaira de nous donner". Malgré l'annonce de l'imminence de la mort de son père, le dauphin Louis ne se rend pas au chevet du mourant, mais se prépare pour le voyage de Reims, où doit avoir lieu son sacre. Quelques jours plus tard, alors que Charles VII se meurt, la reine écrit elle aussi à son fils, sans parvenir à l'attendrir le moins du monde. A l'aube du 22 juillet1461, "jour de la glorieuse Magdeleine", le roi reçoit les derniers sacrements. Il rend l'âme entre midi et une heure, tandis que les chapelains font la lecture de l'évangile selon Saint Jean.

Les funérailles

Les funérailles de Charles VII ne seront suivies que par quelques seigneurs et proches du roi. A l'exception de la reine Marie d’Anjou, aucun enfant de France n'assistera au funérailles, tous ayant la crainte du dauphin Louis qui est devenu roi sous le nom de louis XI et dont les plans pour dresser les seigneurs les uns contre les autres lui vaudront le surnom d'"Universelle araignée" .

Charles VII s'est éteint le 22 juillet 1461 en son château de Mehun sur Yèvre, dans le Cher. Quelques jours plus tard, un convoi solennel transportant sa dépouille embaumée se met en marche vers Paris. Sur le bord des routes, la population en larmes rend un dernier hommage au roi, dont l'effigie en cire est revêtue des attributs royaux : la tunique et la cape de velours blanc brodée de fleurs de lys et fourrée d'hermine, la couronne d'or, le sceptre et l'anneau d'or symbolisant l'union du souverain avec le royaume. Le duc Charles d'Orléans, cousin du roi, conduit le deuil, assisté de son frère Jean d'Angoulême et des fidèles conseillers du défunt. Ni le dauphin, le futur Louis XI, ni aucun des Enfants de France n'est présent. Le 28 juillet, un office est célébré à Saint Denis, mais ce n'est que dans la soirée du 5 août que le cortège atteint les faubourgs de la capitale, puis se rend à Notre Dame des Champs. Le lendemain, la procession se dirige vers la cathédrale Notre Dame, où se déroulent les obsèques solennelles, célébrées par l'archevêque de Narbonne, Louis d'Harcourt, qui officie en tant que patriarche de Jérusalem. Selon le souhait de la reine Marie d'Anjou, les funérailles sont somptueuses. Le 7 août, le char funèbre, tiré par cinq chevaux caparaconnés de velours, est suivi par quatre grands seigneurs : le duc Charles d'Orléans, son frère Jean d'Angoulême, leur demi-frère Jean de Dunois, dit le Bâtard d'Orléans, et Charles d'Artois, comte d'Eu. Lorsque le cortège arrive devant la basilique de Saint Denis, un premier incident survient : les porteurs du cercueil exigent d'être payés avant de pénétrer à l'intérieur du sanctuaire. Ayant obtenu satisfaction, ils portent le cercueil de plomb et de bois dans le choeur tendu de velours noir, où il est exposé, toujours surmonté de l'effigie de cire, sous une voûte de toile bleue semée de lys. L'oraison funèbre est prononcée par maître Thomas de Courcelles, qui a longtemps été conseiller de Charles VII, mais dont le roi s'est éloigné après l'exécution de Jeanne d'Arc, car il a été un des rares juges à se prononcer pour le recours à la torture lors du procès de la pucelle. Après quoi le héraut Montjoie s'écrie : "Dieu ait l'âme du roi Charles très victorieux!", et aussitôt "Vive le roi Louis!". C'est alors qu'un second incident éclate pour savoir qui, des écuyers ou des moines de Saint Denis, conservera le drap royal. Dunois et le chancelier Guillaume Juvénal des Ursins arbitrent le différend en faveur des religieux. Désormais, Charles VII repose pour l'éternité : "Ci-gît le Roy très glorieux, victorieux et bien servi qui régna trente neuf ans, neuf mois et un jour, trépassa le jour de la Magdeleine XXIIème jour de juillet en l'an MCCCCLXI. Priez pour lui", proclame son épitaphe. Après les funérailles, un repas est organisé à la Maison du Roi. Les invités ne s'y bousculent pas. Le chroniqueur Jean Chartier parvient à s'y glisser et témoigne : "Après toutes ces choses faites, alla un chacun dîner à la grande salle de l'abbé d'icelle église, où fut cour plénière et ouverte à tous venants, et de cette heure, le dîner fait, les grâces dites, monseigneur de Dunois dit à haute voix que lui et tous les autres serviteurs avaient perdu leur maître, et pourtant que en chacun pensât à soi pourvoir, à quoi furent plus moult dolants, et par espécial commencèrent ses pages fort à pleurer". Chacun pour soi désormais. Nombreux sont ceux qui y ont déjà pensé. Craignant de s'aliéner Louis XI en montrant leur chagrin, les Grands du royaume ne se sont pas précipités aux obsèques. Seuls sont présents les proches du défunt et quelques barons âgés, qui ne risquent plus rien. Dès l'annonce de la mort de Charles VII, beaucoup se sont empressés d'assurer l'héritier du trône de leur fidélité. Ainsi du président des Comptes, Simon Charles, et de l'évêque de Paris, qui préfère rejoindre Louis XI en route pour Reims et laisse Louis d'Harcourt officier en tant que patriarche de Jérusalem. De même de l'abbé de Saint Denis, Philippe de Gamaches, qui lors de l'office funèbre est remplacé par l'abbé de Saint Germain des Prés. Jean de Roye, notaire au Châtelet et secrétaire du duc de Bourbon, dans son journal, Chronique scandaleuse, note avec ironie cet empressement de la Cour auprès du fils du défunt : "Ils venaient pour savoir de lui son plaisir, comment ils auraient à gouverner sous lui et pour être de lui confirmés en leurs offices". Charles VII est mort, tous ne songent plus qu'à s'écrier, tel le héraut Montjoie : "Vive le roi Louis!".

En 1793 le tombeaux du roi sera détruit et le corps sera jeté dans une fosse commune. voir le lien :
http://saintdenis-tombeaux.forumculture.net/t123-le-tombeau-de-charles-vii-et-de-marie-d-anjou-1463-detruit-en-1793

Au plaisir
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