Saint-Denis, cimetière des Rois

Forum consacré aux tombeaux royaux de la basilique de Saint-Denis
 
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 Sources écrites sur les inhumations ou emplacements des tombeaux à Saint-Denis

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Spes



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MessageSujet: Sources écrites sur les inhumations ou emplacements des tombeaux à Saint-Denis   Ven 13 Déc - 17:02

Bonjour à tous.


Je fais la même chose que sur le topic suivant :

http://saintdenis-tombeaux.forumculture.net/t354-sources-ecrites-sur-les-inhumations-et-ou-emplacements-des-tombeaux-hors-saint-denis


Cette fois, ici, ce sera dans la basilique de Saint-Denis.


LES MEROVINGIENS


DAGOBERT Ier

Citation :
La seizième année de son règne Dagobert tomba malade d’un flux de ventre dans sa maison d’Épinay sur les bords de la Seine, et non loin de Paris : de là les siens le transportèrent dans la basilique de Saint-Denis. Quelques jours après, se voyant en danger de la vie, il fit venir en toute hâte Æga, et lui recommanda la reine Nantéchilde et son fils Clovis ; il se sentait près de mourir, et estimant la sagesse d’Æga, pensait que, par lui, le royaume serait bien gouverné. Cela fait, peu de jours après Dagobert rendit l’âme, et fut enseveli dans l’église de Saint-Denis, qu’il avait magnifiquement ornée d’or, de pierreries et d’objets précieux, et dont il avait fait construire l’enceinte, désirant la précieuse protection de ce saint. Il donna à l’église tant de richesses, de domaines et de possessions, situées en divers lieux, que beaucoup de gens s’en étonnèrent. Il y institua un chant perpétuel, à l’instar du monastère de Saint-Maurice, mais on sait que la faiblesse de l’abbé Ægulf laissa dépérir cette institution.

Frédégaire, Chronique de Frédégaire.

Citation :
Le roi ayant cessé de parler, d’après son ordre, son fils, le roi Clovis, signa ladite charte, qui lui fut présentée par le référendaire Dadon, et tous les grands qui se trouvaient présents firent comme lui. Ces choses ainsi arrangées, peu de jours après, le 19 janvier, le roi très chrétien Dagobert sortit de ce monde. Une douleur inexprimable remplit soudain le palais, et tout le royaume déplora amèrement sa mort.

Embaumé avec des aromates, il fut transporté, au milieu du concours et des gémissements des peuples, dans la basilique des saints martyrs qu’il avait, comme nous l’avons dit, magnifiquement ornée d’or, de pierreries, de meubles précieux, et dont il avait fait construire l’enceinte. Il fut très justement enseveli à la droite de leur tombeau. Il avait donné à leur église et en divers lieux tant et de si grandes richesses, terres et possessions, que sa piété est encore aujourd’hui admirée de beaucoup de gens. Nous n’en parlons pas davantage, de peur d’ennuyer quelques lecteurs. Il y avait institué un chœur perpétuel, à l’instar du monastère de saint Maurice et de celui de saint Martin de Tours ; mais on sait que la faiblesse de l’abbé Ægulf a laissé dépérir cette institution.

Anonyme, Vie de Dagobert Ier.


NANTHILDE (épouse de DAGOBERT Ier)

Citation :
A cette époque, la reine Nantéchilde fit dresser, dans les lieux saints où il convenait que cela se fit, le testament par lequel elle disposa des domaines que lui avaient donnés le roi Dagobert et son fils Clovis. Elle y fit insérer la donation à l’église de Saint-Denis, du domaine de Latiniac, situé en Brie ; elle fit rédiger de ce testament trois exemplaires, dont un est aujourd’hui conservé dans les archives de ladite église. Cela fait, ayant heureusement gouverné les affaires et son fils régnant déjà avec sagesse en Neustrie et en Bourgogne, la renie Nantéchilde mourut et fut ensevelie dans l’église Saint-Denis, dans le même sépulcre que le roi Dagobert.

Anonyme, Vie de Dagobert Ier.


LAUDEGISILE (frère de NANTHILDE)

Citation :
La neuvième année du règne de Dagobert, son frère Charibert mourut, laissant un petit enfant, nommé Childéric, qui mourut aussi peu après. Le roi Dagobert eut alors en son pouvoir tout le royaume de Charibert avec la Gascogne. Il envoya un certain duc, nommé Baronte, pour prendre aussi les trésors de Charibert, et les lui apporter. On sait que Baronte fit un long circuit, et, de concert avec les trésoriers, détourna frauduleusement beaucoup de, ces richesses. La même année, mourut le frère de la reine Nantéchilde, nommé Laudégisile ; et, par l’ordre du roi, il fut enseveli magnifiquement dans l’église des bienheureux martyrs Denis et ses compagnons. La reine demanda qu’en raison de la sépulture de son frère, le domaine d’Alatée, situé aux environs de Paris, fût donné à cette basilique. Laudégisile, de son vivant, l’avait reçu de la bonté du roi. Dagobert y consentit volontiers, fit dresser sur-le-champ ladite donation, la souscrivit, et ordonna qu’elle fût scellée de son sceau.

Anonyme, Vie de Dagobert Ier.
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Spes



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MessageSujet: Re: Sources écrites sur les inhumations ou emplacements des tombeaux à Saint-Denis   Dim 15 Déc - 14:21

LES CAROLINGIENS


CHARLES MARTEL

Citation :
Cette année le duc Pépin ayant levé avec son oncle le duc Childebrand et beaucoup de grands une armée considérable, entra en Bourgogne et s’empara de ce pays. Alors, ce qui est triste et douloureux à rapporter, on vit de nouveaux signes dans le soleil, la lune et les étoiles, et l’ordre sacré de la Pâque fut troublé. Le prince Charles enrichit à Paris la basilique de Saint-Denis d’un grand nombre de présents ; et étant revenu à Quierzy, palais situé sur les bords de l’Oise, il fut attaqué de la fièvre et mourut en paix, après avoir conquis tous les royaumes d’alentour. Après un règne de vingt-cinq ans, il mourut le 21 octobre, et fut enseveli à Paris dans la basilique de Saint-Denis.

Anonyme, Troisième continuateur de la chronique de Frédégaire.


PÉPIN LE BREF

Citation :
De retour dans cette ville, et pendant qu’il y traitait des affaires de la patrie, le roi, saisi d’une certaine fièvre, commença à être malade, et partit laissant là ses comtes et ses juges. Il se rendit par Poitiers dans la ville de Tours, au monastère de Saint-Martin, et y fit de grandes largesses tant aux pauvres qu’aux monastères et aux églises. Il supplia saint Martin d’invoquer, pour ses péchés, la miséricorde du Seigneur. Se remettant ensuite en marche avec la reine Bertrade et ses fils Charles et Carloman, il arriva à Paris et demeura quelque temps dans le monastère de Saint-Denis. Voyant alors qu’il touchait à la fin de sa vie, il fit venir tous ses grands, tant les ducs et les comtes que les prêtres et les évêques, et là, avec leur consentement et pendant qu’il vivait encore, il partagea également entre ses fils le royaume des Francs, qu’il avait possédé. Il donna à Charles, son fils aîné, le royaume d’Austrasie, à Carloman, le plus jeune, le royaume de Bourgogne, la Provence, la Gothie, l’Alsace et le pays des Allemands, et il divisa entre eux l’Aquitaine qu’il venait de conquérir. Cela fait, le roi Pépin, et c’est une douleur de le dire, mourut au bout de peu de jours. Selon sa volonté, les rois Charles et Carloman, ses fils, l’ensevelirent avec de grands honneurs dans le monastère de Saint-Denis. Il avait régné vingt-cinq ans.

Après ses obsèques, les deux rois se rendirent, chacun avec ses Leudes, dans la capitale de son royaume ; et là, ayant convoqué leur plaid et délibéré avec leurs grands, le 9 octobre, et tous deux au même jour, ils furent élevés au trône par les seigneurs et les évêques, Charles à Noyon, et Carloman à Soissons.

Anonyme, Quatrième continuateur de la chronique de Frédégaire.

Citation :
Le roi Pépin, dès qu’il vit le temps propre à reprendre la guerre, assembla son armée, et se mit en chemin pour la ville de Saintes. Sur la route, il fit prisonnier Rémistan, et à son arrivée à Saintes, la mère, la sœur et les nièces du duc Waïfer lui furent amenées. Il ordonna de les traiter avec respect, et s’avança vers la Garonne, où Eberwich vint au devant de lui, conduisant l’autre sœur de Waïfer qu’il remit en son pouvoir, ainsi que lui-même. Les choses se passant donc heureusement, Pépin retourna au château de Selles, où il célébra la fête de Pâques ; il prit ensuite avec lui sa femme et sa famille, revint dans la ville de Saintes, et les y laissant, il recommença à poursuivre avec toutes ses troupes le duc Waïfer, décidé à ne cesser qu’après avoir vu ce rebelle pris et mis à mort. Waïfer fut tué en effet sur le territoire de Périgueux. Le roi jugea la guerre terminée, revint à Saintes, s’y arrêta quelque temps, et y fut atteint d’une maladie. Pendant sa durée, il alla à Tours, et y pria près du tombeau de saint Martin. S’étant ensuite rendu à Paris, il y mourut le 24 septembre. Son corps fut inhumé dans la basilique du bienheureux Denis, martyr. Ses fils Charles et Carloman furent faits rois par le consentement des Francs : tous deux prirent les insignes de la royauté, Charles dans la ville de Noyon, et Carloman dans celle de Soissons, Charles étant parti pour Aix-la-Chapelle y célébra la fête de Noël, et celle de Pâques à Rouen.

Eginhard, Annales.

Citation :
Quand, après la mort de son père, il eut partagé le royaume avec son frère, il supporta la jalousie et l’inimitié cachée de celui-ci avec une telle patience que c’était pour tous un sujet d’étonnement qu’il ne laissât paraître aucun ressentiment. Après avoir ensuite, à la sollicitation de sa mère, épousé la fille de Didier, roi des Lombards[7], il la répudia, on ne sait pour quel motif, au bout d’un an, et s’unit à Hildegarde, femme d’une des plus nobles familles de la nation des Suèves. Elle lui donna trois fils, Charles, Pépin et Louis, et autant de filles, Rotrude , Berthe et Gisèle[8] ; il eut encore trois autres filles , Thédrade, Hildrude et Rothaïde, deux de Fastrade, sa troisième femme, qui appartenait à la nation des Francs orientaux, c’est-à-dire des Germains ; et l’autre, la troisième, d’une concubine dont le nom m’échappe pour le moment[9]. Ayant perdu Fastrade, il épousa Luitgarde, Allemande de naissance, dont il n’eut pas d’enfants. Après la mort de cette dernière, il eut quatre concubines : Mathalgarde, qui lui donna une fille nommée Rothilde ; Gersuinthe, saxonne, de qui lui naquit une autre fille, Adelrude ; Régina, qui mit au jour Drogon et Hugues ; et Adalinde , dont lui vint Théodoric. Sa mère Bertrade vieilli auprès de lui comblée d’honneurs ; il lui témoignait en effet le plus grand respect, et jamais il ne s’éleva entre eux le moindre nuage, si ce n’est une seule fois à l’occasion du divorce de Charles avec la fille de Didier que Bertrade lui avait fait épouser. Cette princesse suivit de près Hildegarde au tombeau, après avoir vu trois petits-fils et autant de petites-filles dans la maison de son fils. Celui-ci la fit enterrer avec les plus grands honneurs dans la basilique de Saint-Denis, où reposait déjà Pépin, son père. Charles n’avait qu’une sœur nommée Gisèle, vouée dès sa plus tendre enfance à la vie monastique, et qu’il aima et vénéra toujours autant que sa mère. Elle mourut quelques années avant lui dans le monastère où elle avait pris l’habit religieux.

Eginhard, Vie de Charlemagne.


BERTHE AU GRAND PIED (épouse de PÉPIN LE BREF)

Citation :
Quand, après la mort de son père, il eut partagé le royaume avec son frère, il supporta la jalousie et l’inimitié cachée de celui-ci avec une telle patience que c’était pour tous un sujet d’étonnement qu’il ne laissât paraître aucun ressentiment. Après avoir ensuite, à la sollicitation de sa mère, épousé la fille de Didier, roi des Lombards[7], il la répudia, on ne sait pour quel motif, au bout d’un an, et s’unit à Hildegarde, femme d’une des plus nobles familles de la nation des Suèves. Elle lui donna trois fils, Charles, Pépin et Louis, et autant de filles, Rotrude , Berthe et Gisèle[8] ; il eut encore trois autres filles , Thédrade, Hildrude et Rothaïde, deux de Fastrade, sa troisième femme, qui appartenait à la nation des Francs orientaux, c’est-à-dire des Germains ; et l’autre, la troisième, d’une concubine dont le nom m’échappe pour le moment[9]. Ayant perdu Fastrade, il épousa Luitgarde, Allemande de naissance, dont il n’eut pas d’enfants. Après la mort de cette dernière, il eut quatre concubines : Mathalgarde, qui lui donna une fille nommée Rothilde ; Gersuinthe, saxonne, de qui lui naquit une autre fille, Adelrude ; Régina, qui mit au jour Drogon et Hugues ; et Adalinde , dont lui vint Théodoric. Sa mère Bertrade vieilli auprès de lui comblée d’honneurs ; il lui témoignait en effet le plus grand respect, et jamais il ne s’éleva entre eux le moindre nuage, si ce n’est une seule fois à l’occasion du divorce de Charles avec la fille de Didier que Bertrade lui avait fait épouser. Cette princesse suivit de près Hildegarde au tombeau, après avoir vu trois petits-fils et autant de petites-filles dans la maison de son fils. Celui-ci la fit enterrer avec les plus grands honneurs dans la basilique de Saint-Denis, où reposait déjà Pépin, son père. Charles n’avait qu’une sœur nommée Gisèle, vouée dès sa plus tendre enfance à la vie monastique, et qu’il aima et vénéra toujours autant que sa mère. Elle mourut quelques années avant lui dans le monastère où elle avait pris l’habit religieux.

Eginhard, Vie de Charlemagne.


CHARLES II LE CHAUVE

Citation :
Charles, attaqué de la fièvre, prit en breuvage, pour s'en guérir, une poudre que lui donna son médecin, Juif nommé Sédéchias, pour qui il avait trop d'amitié et de confiance. Mais c'était un poison mortel qu'il avait avalé; et, porté à bras à travers le Mont-Cenis, étant arrivé à un endroit appelé Brios, il envoya dire à Richilde qui était en Maurienne de se rendre vers lui, ce qu'elle fit: et onze jours après avoir pris le poison, il mourut dans une misérable cabane, le 6 octobre. Ceux qui étaient avec lui ayant ouvert son corps dont ils retirèrent les entrailles, et l'ayant parfumé comme ils purent de vin et d'aromates, ils le renfermèrent dans un cercueil, et se mirent en route pour le transporter au monastère de Saint-Denis, où il avait demandé d'être enseveli. Ne pouvant le porter à cause de l'infection qui en sortait, ils le mirent dans un tonneau enduit de poix en dedans et en dehors, et enveloppé de cuir, ce qui ne put en ôter la puanteur. Arrivés avec peine à une certaine chapelle de moines de l'évêché de Lyon que l'on appelle Nantua, ils le mirent en terre avec le tonneau qui le renfermait.

Citation :
Louis, ayant reçu à Orreville la nouvelle de la mort de son père Charles, se concilia tous ceux qu'il put, leur donnant des abbayes et des comtés et des manoirs, selon ce que demandait chacun, et, prenant sa route par Quierzy et Compiègne pour se rendre aux funérailles de son père dans le monastère de Saint-Denis. Là, apprenant, que son père était enseveli, et que les premiers du royaume, tant abbés que comtes, indignés de ce qu'il avait donné des bénéfices à quelques-uns sans leur consentement, s'étaient réunis contre lui, il retourna à Compiègne. Cependant les dits grands, avec Richilde, dévastant autant qu'il était en eux, arrivèrent au monastère d'Avenai, convoquèrent leur assemblée à Mont-Vimar, d'où ils envoyèrent leurs messagers vers Louis. Mais Louis leur adressa ses envoyés; et des messagers allant et venant, entre eux, on parvint à obtenir que Richilde et les grands allassent vers lui à Compiègne: et ils convoquèrent leur assemblée à Chesne-Herbelot, dans la forêt de Cuise. Richilde, venant vers Louis à la fête de Saint-André, lui apporta un acte par lequel, avant de mourir, son père lui avait transmis le royaume, et une épée dite de saint Pierre, par laquelle il lui en donnait l'investiture, et aussi le vêtement royal, la couronne et le bâton d'or et de pierres précieuses: et lorsque, par des envoyés qui passèrent et repassèrent entre Louis et les grands du royaume, il eut été traité avec chacun des bénéfices qu'ils demandaient, Louis, du consentement de tous, tant des évêques et abbés que des grands du royaume et de tous les autres assistants, fut sacré et couronné roi le 8 décembre par Hincmar, archevêque de Reims. Les évêques se recommandèrent à lui, eux et leurs églises, sauf leurs privilèges canoniques, pour en être dûment protégés, promettant, selon leur savoir et pouvoir, de lui prêter fidèlement dans leur ministère secours et conseil. Les abbés aussi et les premiers du royaume et les vassaux du roi se recommandèrent à lui, et lui firent, selon la coutume, serment de fidélité.

Anonyme, Annales de Saint-Bertin.


ERMENTRUDE D'ORLEANS (femme de CHARLES II LE CHAUVE)

Citation :
Charles ayant appris certainement dans sa maison de Douzy, le 9 octobre, que sa femme Ermentrude était morte le 6 octobre, dans le monastère de Saint-Denis où elle fut ensevelie, envoya aussitôt Boson, fils du feu comte Bouin, en message vers sa mère et sa tante maternelle Teutberge, veuve du roi Lothaire, afin qu'il lui amenât sa sœur, nommée Richilde, qu'il prit pour concubine:

Anonyme, Annales de Saint-Bertin.


CHARLES (fils de CHARLES II LE CHAUVE)

Citation :
Cependant l'empereur Charles guérit, et, passant par Quierzy, il vint à Compiègne. Tandis qu'il y était, son fils né sur la route, pendant que Richilde se rendait à Antenay, tomba malade; et ayant été tenu sur les fonts de baptême par son oncle Boson et nommé Charles, il mourut, et fut transporté au monastère de Saint-Denis pour y être enseveli. L'empereur Charles ayant passé le carême à Compiègne, y célébra aussi la Pâque du Seigneur, et reçut Jean Pierre, évêque, et un autre Pierre, aussi évêque, envoyés de l'apostolique Jean, et chargés de l'appeler à Rome, tant par leurs discours que par les lettres qu'ils apportaient à l'apostolique, afin que, selon sa promesse, il défendît la sainte Église de Rome, et la délivrât des païens qui l'infestaient.

Anonyme, Annales de Saint-Bertin.


LOUIS III

Citation :
Là il lui fut annoncé que son cousin Louis, fils de Louis, roi de Germanie, dont la vie était inutile à lui-même, à l'Église et à son royaume, venait de succomber à la mort. Les grands de cette partie de son royaume qui avait été donnée audit Louis pour payer son départ, voulurent se recommander à lui, afin qu'il consentît à leur laisser ce que son père et son aïeul avaient reconnu pour être à eux mais, par le conseil de ses grands, il ne les reçut pas à recommandation, à cause du serment qui avait été fait entre lui et Charles. Mais il leva une troupe de guerre à la tête de laquelle il mit le comte Thierri, pour les aider contre les Normands; et, passant lui-même la Seine pour aller recevoir les princes Bretons et combattre les Normands, il parvint jusqu'à Paris, où il fut pris de maladie. On le transporta en litière au monastère de Saint-Denis, où il mourut au mois d'août et fut enseveli.

Anonyme, Annales de Saint-Bertin.

Citation :
Le roi Louis, fils de Louis le Bègue, meurt à Saint-Denis, et y est enterré honorablement.[62] Tous les peuples de la Gaule le pleurèrent avec de grands gémissements, car il avait été d'excellente vertu, et avait puissamment et vaillamment défendu son royaume contre les incursions des païens. Entre ses autres faits courageux, est particulièrement célébré le vigoureux combat qu'il livra aux Normands dans un lieu nommé Sodaltcourt, dans lequel combat, dit-on, il fit tomber sous le glaive plus de huit mille des ennemis. Son frère Carloman régna à sa place sur son royaume. En ce temps, Bertulphe, évêque de Trèves, passa au Seigneur le 13 février. Le 8 avril lui succéda au pontificat, par l'élection des clercs et de tout le peuple, le très révérend évêque Ratbod. En ces mêmes jours Robert fut, en l'église de Metz, le 22 avril, sacré évêque par ledit évêque Ratbod.

Anonyme, Annales de Metz.


EUDES

Citation :
Le roi Eudes fut pris de maladie, et termina son dernier jour le 3 du mois de janvier, il fut enterré à Saint-Denis avec les honneurs convenables.

Anonyme, Annales de Metz.


Bon, Eudes n'est pas exactement un Carolingien mais un Robertien. Je le mets ici avec les Carolingiens. Son règne se situe en effet sous de nombreux Carolingiens.
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SAINT ELOI

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MessageSujet: Re: Sources écrites sur les inhumations ou emplacements des tombeaux à Saint-Denis   Dim 15 Déc - 21:04

Bravo pour vos recherche cher ami .Quand au roi Eudes il est tout a fait a sa place dans cette partie consacrée au Carolingiens , n'en déplaise a certain historiens car ce n'est seulement que après la mort de Louis IV d'outremer le pouvoir passe dans les mains de capétiens.

Au plaisir .
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Spes



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MessageSujet: Re: Sources écrites sur les inhumations ou emplacements des tombeaux à Saint-Denis   Lun 6 Jan - 14:48

LES CAPETIENS


HUGUES LE GRAND

Citation :
[Hugues Capet] fut enterré dans le monastère de Saint-Denis, auprès de son père, l'année 996.

Anonyme, Fragmens de l'Histoire des Français.

Citation :
La même année, ledit duc Hugues le Grand mourut, et fut enterré à Saint-Denis.

Hugues de Fleury, Chronique.


HUGUES CAPET

Citation :
[Robert II] mourut, comme nous l’avons dit, le vingtième jour de juillet, au commencement du mardi, au château de Melun, et il fut porté à Paris, et enseveli à Saint-Denis, près de son père.

Helgaud, Vie du roi Robert.

Citation :
Il fut enterré dans le monastère de Saint-Denis, auprès de son père, l'année 996.

Citation :
Robert, après la mort de son père, régna trente-cinq ans. Il mourut à Melun, l'an de l'Incarnation du Seigneur 1031, et fut enterré à Paris dans le monastère de Saint-Denis, auprès de son père.

Anonyme, Fragmens de l'Histoire des Français.

Citation :
Le roi de France, Hugues, mourut à Melun, la onzième année de son règne, et fut enterré dans l'église de Saint-Denis.

Hugues de Fleury, Chronique.


ROBERT II LE PIEUX

Citation :
L'année suivante, au mois de juillet, le roi Robert finit ses jours au château de Melun. Son corps fut transféré à l'église de Saint-Denis, martyr, et y fut enseveli.

Raoul Glaber, Chroniques, III, 9.

Citation :
Il mourut, comme nous l’avons dit, le vingtième jour de juillet, au commencement du mardi, au château de Melun, et il fut porté à Paris, et enseveli à Saint-Denis, près de son père.

Helgaud, Vie du roi Robert.

Citation :
Robert, après la mort de son père, régna trente-cinq ans. Il mourut à Melun, l'an de l'Incarnation du Seigneur 1031, et fut enterré à Paris dans le monastère de Saint-Denis, auprès de son père.

Anonyme, Fragmens de l'Histoire des Français.

Citation :
Le roi Robert se voyant déjà appesanti de vieillesse, résolut d'associer à son trône Hugues, son fils; mais ledit Hugues mourut la sixième année de son règne. Le roi Robert, peu de temps après, mourut à Melun, et fut enseveli auprès de Saint-Denis.

Hugues de Fleury, Chronique.


CONSTANCE D'ARLES (épouse de ROBERT II)

Citation :
Constance, un an après la mort de son mari, mourut à son tour dans le même mois et dans le même château que lui. Elle fut aussi transférée dans la basilique de Saint-Denis, où elle est ensevelie près du roi.

Raoul Glaber, Chroniques, III, 9.

Citation :
La reine Constance, la troisième année après la mort de son mari, termina ses jours, et fut ensevelie auprès de lui.

Anonyme, Fragmens de l'Histoire des Français.


HENRI Ier

Citation :
L'an de l'Incarnation du Seigneur 1059, le roi Henri fit sacrer son fils Philippe, âgé de sept ans, par l'archevêque Gervais à Rheims, le jour de la Pentecôte, en présence de vingt-deux archevêques et évêques et d'un grand nombre d'abbés de la France, de la Bourgogne et de l'Aquitaine. Il y assista aussi deux légats du pape, Nicolas Hugues, archevêque de Besançon, et Hermanfroi, évêque de Sedan. L'année suivante, mourut le roi Henri, qui fut enterré auprès de Saint-Denis. Il laissa à Baudouin, comte de Flandre, homme dont il avait éprouvé la fidélité et la probité, la tutelle de son fils, le roi Philippe, qui n'était pas encore adulte.

Hugues de Fleury, Chronique.


LOUIS VI LE GROS

Citation :
[1137.] Il y eut, depuis le mois de mars jusqu'au mois de septembre, une sécheresse inouïe, au point que les sources, les puits et un grand nombre de rivières furent taris.

Le roi des Français Louis, ayant appris la mort de Guillaume, duc d'Aquitaine, envoya en Aquitaine Louis, son fils, déjà couronné et sacré roi, pour épouser Eléonore, fille dudit duc. Louis, la recevant pour femme avec le duché d'Aquitaine, l'épousa à Bordeaux. Il eut d'elle dans la suite Marie, comtesse de Champagne, et Adèle, femme de Thibaut, comte de Blois. Un mois après le mariage du roi Louis le Jeune, dans les calendes d'août, mourut le roi Louis, son père, qui fut enterré dans l'église de Saint-Denis, en France. Son fils Louis, surnommé le Jeune, lui succéda.

Guillaume de Nangis, Chronique.


PHILIPPE II AUGUSTE

Citation :
Le corps ayant été royalement embaumé et déposé ensuite dans un cercueil, comme il est convenable, le cortège s'avance douloureusement, les hommes transportant sur leurs hautes épaules la dépouille mortelle du prince invincible. Lorsqu'ils furent sortis par la porte que l'on appelle porte de Paris, et arrivés à la distance que parcourrait une arbalète en lançant trois fois ses traits, ceux qui portaient le cercueil le déposèrent sur le sol avec la torche sacrée, d'autres s'empressant avec ardeur à se charger à leur tour de ce fardeau. En même temps ils désignent ce lieu, pour que la croix de Philippe y soit dressée, consacrée par son nom, et entourée de colonnes en pierres. De fréquents miracles ont déjà été manifestés en ce lieu, Dieu n'ayant pas tardé de proclamer les mérites de Philippe. Aussitôt on construit en fort peu de temps, et sur le même emplacement, une nouvelle église, dans laquelle on puisse honorer le lieu de repos de Philippe, et l'on arrête que des personnes saintes, et éprouvées pour leur ferveur religieuse, serviront à jamais le Seigneur dans cette même église.

De là, se mettant de nouveau en marche avec le corps sacré, ils s'avancent, afin que saint Denis se réjouisse de voir son église honorée d'un hôte si illustre. Son corps, inhumé à côté de celui de Dagobert, est recouvert d'une pierre, tandis que son esprit resplendit au milieu de la cour des anges, où il est reçu sous l'égide du même patron. La nuit suivante, Denis lui-même fit cette révélation au Père des pères, afin que nul ne puisse douter que Philippe règne avec le Christ, ce fait étant affirmé par un si grand témoin!

Les obsèques furent célébrées avec beaucoup de pompe par Bertrand qui représentait le souverain Pontife, et que le peuple de Préneste s'honorait d'avoir pour évêque. Il était du pays de Bâle, noble par sa naissance, et saint par ses sentiments religieux, et portait l'habit de Cîteaux. Les premiers du royaume, les grands et les hommes puissants assistèrent aux funérailles, ainsi que presque tous les saints évêques, que le Saint-Esprit avait par une disposition mystérieuse réunis en ce lieu, venant s'y rassembler de diverses contrées pour un tout autre motif, afin qu'il fût démontré à tous, par une preuve certaine, que sous l'apparence du concile qu'ils croyaient tenir à Paris, Dieu avait pris soin lui-même de la pompe funèbre de Philippe, et voulu honorer, par la présence de tant d'hommes considérables, celui dont il savait que la fin prochaine réclamerait ces honneurs. En effet, ce qui a eu un bon commencement et un bon milieu, a droit à une fin bienheureuse, et pour que le tout soit bon dans son ensemble, il faut que la fin soit bonne aussi. On vit également à cette cérémonie Jean, roi d'Accaron, homme comblé d'honneurs et de gloire. Il était français par ses aïeux et champenois par sa naissance. Jérusalem, qui s'afflige maintenant d'obéir aux tyrans d’Égypte et de Syrie, avait dû l'avoir pour roi. Les maux qu'elle souffre, nous les avons mérités par nos péchés, nous qui ne craignons pas de nous montrer ingrats envers Christ, qui ne cessons d'ajouter à des fautes de nouvelles fautes, qui ont eu pour juste conséquence de nous faire perdre justement et tout dernièrement la contrée d’Égypte et la ville de Damiette: le roi Jean, en ayant été expulsé depuis peu, avait donc passé la mer et était venu implorer le secours du roi Philippe. Celui-ci donna à ce roi et aux saints qui lui prêtaient leur assistance, savoir les frères dits de l'Hôpital et du Temple, dont l'office particulier est de défendre le sépulcre de tout leur pouvoir, en vivant sous les saintes lois de la religion, le roi Philippe leur donna trois fois cinquante mille marcs d'argent, pour être répartis entre les serviteurs de la croix et le sépulcre. Aussi nous est-il permis d'espérer, avec l'assurance de la foi, que l'inépuisable miséricorde du Christ restituera la Terre-Sainte à ses serviteurs, par l'intercession des mérites et des dons de Philippe, et qu'ils n'auront pas long-temps à attendre.

ll y avait encore l'archevêque de Rheims, Guillaume, et Gautier, archevêque de Sens, tous deux les premiers à la cour du roi, et tous deux issus d'un sang illustre. Avec eux étaient aussi l'archevêque de Bourges et l'évêque de Tours Thibaud, archevêque de Rouen, homme d'une extrême sévérité, et qui se laisse difficilement fléchir par les prières, et l'archevêque de Lyon, dont la Gaule entière, à ce que rapporte la renommée, avait coutume de reconnaître les prédécesseurs pour primats du pays; devant qui on portait toutes les affaires difficiles, afin qu'elles y fussent jugées en dernier ressort, en sorte qu'on ne déférait à Rome aucun procès que lorsque le siège de Lyon n'avait pu le terminer lui-même. L'inscription du sceau de cet archevêché et les pièces de monnaie qui circulent dans le commerce, rappellent encore ce litre d'honneur: avec lui étaient aussi les saints évêques que la loi de suffragance soumet à ce métropolitain. Les deux premiers dont j'ai fait mention ci-dessus furent illustrés par la grâce et par les honneurs, à tel point que l'un d'eux se trouva appelé tout-à-fait à l'improviste du siège de Langres au gouvernement de l'archevêché de Rheims, et mérita par là d'avoir à se réjouir de douze cathédrales soumises à son autorité.

Guillaume Le Breton, La Philippide, Chant XII.


LOUIS VIII

Citation :
Le roi, éloignant son armée d'Avignon, s'avança dans la Provence, et toutes les villes, forteresses et châteaux jusqu'à quatre lieues de Toulouse, se rendirent paisiblement à lui. Le roi, nommant en son lieu, pour gouverner tout ce pays, Imbert de Beaujeu, se hâta de revenir en France. Le jour avant la fête de la Toussaint, comme le roi s'en retournait chez lui, il fut saisi d'une maladie mortelle, et le dimanche suivant, à savoir l'octave de la Toussaint, à Montpensier, un Auvergne, l’an du Seigneur 1226, il quitta ce monde pour aller vers le Christ. Il fut pendant tout le temps de sa vie bon catholique et d'une admirable sainteté car il ne souilla jamais sa chair, si ce n'est seulement avec sa femme, unie à lui par un mariage légitime. Là, on dit que fut accomplie la prophétie de Merlin, qui dit : « Le lion pacifique mourra dans le ventre de la montagne ». On n'a pas ouï dire qu'aucun roi avant lui fût jamais mort en ce lieu. Son corps fut transporté par les siens dans l'église de Saint-Denis, en France, et enterré avec honneur auprès de son père, le roi Philippe Auguste.

Anonyme, Vie de Louis VIII.


LOUIS IX

Citation :
Quant li bons roys ot enseignié son fil monseigneur Phelippe, l'enfermetés que il avoit commença à croistre forment; et demanda les sacremens de sainte Esglise, et les ot en sainne pensée et en droit entendement, ainsi comme il apparut: car quant on l'enhuiloit et on disoit les sept pseaumes, il disoit les vers d'une part. Et oy conter monseigneur le comte d'Alençon, son fil que quant il aprochot de la mort, il appela les sains pour li aidier et secorre, et meismement monseigneur saint Jaque, monseigneur saint Denis de France, madame sainte Genevieve. Après, se fist li sains roys couchier en un lit couvert de cendre, et mist ses mains sur sa poitrine, et en regardant vers le ciel rendi à nostre Createur son esperit, en celle heure meismes que li Fiz Dieu mourut pour le salut du monde en la croiz.
Piteuse chose et digne est de plorer le trespassement de ce saint prince, qui si saintement et loialment garda son roiaume, et qui tant de beles aumosnes y fist, et qui tant de beaus establissemens y mist. Et ainsi comme li escrivains qui a fait son livre, qui l'enlumine d'or et d'azur, enlumina li diz roys son royaume de belles abbaies que il y fist, et de la grant quantité de maisons Dieu det de maisons des Preescheurs, des Cordeliers et des autres religions qui sont ci-devant nommées.
L'endemain de la feste saint Berthelemi l'apostre, trespassa de cest siecle li bons roys Loys, en l'an de l'incarnacion Nostre Seigneur, l'an de grace mil CC. LXX, et furent sui os gardé en un escrin et aporté et enfoui à Saint-Denis en France, là où il avoit eslue sa sepulture, auquel lieu il fu enterrez, là où Dieus a puis fait maint beau miracle pour li, par ses desertes.

Jean de Joinville, Livre des saintes paroles et des bons faiz nostre roy saint Looys, CXLVI.


Citation :
Après ce, par le pourchas du roy de France et par le commandement l'apostolle, vint li arcevesques de Roan et freres Jehans de Samoys, qui puis fu évesques: vindrent à Saint-Denis en France, et là demeurèrent lonc temps pour enquerre de la vie, des œuvres et des miracles du saint roy; et on me manda que je alasse à eus, et me tindrent deus jours. Et après ce que il orent enquis à moy et à autrui, ce que il orent trouvé fu porté à la court de Rome; et diligentment virent li apostolles et li cardinal ce que on leur porta; et selonc ce que il virent, il li firent droit et le mistrent au nombre des confesseurs. Dont grant joie fu et doit estre à tout le royaume de France, et grans honours à toute sa lignie qui à li vourront retraire de bien faire, et grans deshonours à touz ceus de son lignaige qui par bones œuvres ne le vourront ensuivre; grans deshonours, di-je, à son lignaige qui mal voudront faire; car on les mousterra au doi, et dira l'on que li sains roys dont il sont estrait, feist envis une tel mauvestié.
Après ce que ces bones nouvelles furent venues de Rome, li roys donna journée l'endemain de la saint-Berthelemi, à laquel journée li sains cors fu levez. Quant li sains cors fu levez, li arcevesques de Reins qui lors estoit (que Dieus absoille!), et messires Henris de Villers, mes niez, qui lors estoit arcevesques de Lyon, le portèrent devant, et plusieur autre, que arcevesque que évesque, après, que je ne sai nommer: au chafaut que l'on ot establi fu portez. Illec sermona frères Jehans de Samois; et entre les autres grans faiz que nostre sains roys avoit faiz, ramenteut l'un des grans fais que je leur avoie tesmoingniez par mon serment, et que j'avoie veus.
Après ce que li sermons fu faillis, li roys et sui frere en reporterent le saint cors en l'esglise par l'aide de leur lignaige, que il vueille prier à Dieu que il nous doint ce que besoing nous iert, aus ames et aus cors. Amen!

Jean de Joinville, Livre des saintes paroles et des bons faiz nostre roy saint Looys, CXLVII.


PHILIPPE IV LE BEL

Citation :
Nobili viro domino suo, domino Guillelmo de Caneto, militi, locumlenenti illustrissimi domini regis Majoricarum, Guillelmus
Baudrici se ipsum cum parato affectu in omnibus serviendi. Noverit vestra nobîlitas quod corpus domini Philippi, condam regis Francie,
qui viam est universe carnis ingressus, prima die decembris portatum fuit Parisius per flumen Secane, sicud fuit etiam porlatum per
dictum flumen corpus patris sui, quando fuit portatum de Catalonia. Fuit autem dictum corpus abstractum de dicto flumine etpositum in
terra prope Sanctum Bernardum. Et abinde fuit portatum per villam multum sollepniter ad eclesiam Beate Marie.

In crastinum vero célébra vit missam pro anima dicti regis archiepiscopus Senonensis, frater domini Gelrami de Marreyco. Qua missa
selebrata dictum corpus fuit portatum apud Sanctum Dionisium. Associabant autem dictum corpus dominus Ludovicus rex hodie
regnans in Francia et fratres sui et avunculi et dominus Robertus de Atrabato, omnes cum vestibus nigris et cum capuciis indutis ad
modum terre nostre. Sequebantur autem ipsum corpus populus infinitus multique prelati et religiosi precedebant. Corpus vero dicti regis
inbasmatum erat involutumque panno aureo, cum clamide folrata de erminiis. In capite autem ipsius tenebat coronam auream pulcherimam.
In manu vero dextra tenebat baculum aureum qui dicitur septrum ; in sinistra vero tenebat quandam virgam nigram, in cujus
capite erat quedam parvula manus alba. Faciès vero ac manus ejusdem erant penitus discoperte ac mirabiliter alterate.

Sequenti vero die dictum corpus fuit sepultum in eclesia Sancti Dionisii, ad latus sancti Ludovici, avi condam dicti regis. Et in
sepultura ipsius corporis valde pauci interfuerunt nobiles et barones, illis de domo régis exceptis. Postque in crastinum vicera et cor dicti
regis, abstracta de dicto corpore incontinenti post mortem, sepulta fuerunt in eclesia monialium de Pissiacho, prout idem rex disposuerat
in sua vita. Cor autem dicti régis, ut dicitur, adeo erat parvum sicud est cor alicujus pueri qui hodie prodiit ex ulero matris sue;
ymo intellexi quod illi qui viderunt comparant illud cordi alicujus avis.

Porro nolo ignorare nobilitatem vestram quod dominus rex predictus vere contritus et conffessus, ut fîdelis christianus, viam est universe carnis ingressus fecitque felicem, ut comuniter dicitur, et pulcherrimam mortem. Ad quorum declaracionem scire vos volo quod die martis, xxvi die novembris, gravavit dictum dominum regem infirmitas vehementer et, die mercurii sequenti, cum jam instaret tempus mortis, dictus rex fecit venire ad se fîlium suum, regem tune Navarre, et, solus cum solo, per magnum spatium temporis, loqutus est cum eodem. Postmodum vero in presenlia multonlm, ut dicitur, dixit multa bona verba ad edifîcacionem anime sue et ad instruxionem heredis sui predicti.

Et, inter cetera, dixit et recognovit defectus et vicia sua et quod in multis erraverat et offenderat Deum, malo concilio ductus, et
quod ipsemet erat causa mali concilii sui. Gondidit etiam testamentumin quo, ut dicitur, mirabilia continentur. Et rogavit heredem
suum eidemque precepit ut contenta in dieto testamente et omnia alia que verbo sibi injuxerat (sic) celeriter adinpleret, quod si faceret
benedicebat eum benediccione paterna ; alioquin vocavit dictum heredem ad divinum judicium, rogans Deum quod, in illum casum, dic
tus hères suus ipsum celeriter sequeretur. Insuper rogavit dictum beredem suum ut haberet eclesiam romanam in reverenciam et diligeret
subditos suos teneretque regnum Francie in bono statu, prout ipsum tenuit beatus Ludovicus, avus ejusdem; et quod regeret se
ac regnum predictum concilio avunculorum suorum, scilicet domini Carol et domini Ludovici. Incusavit autem se ipsum idem rex quod
summa avaricia regnavit in ipso, rogavitque fîlium suum ut a se omnem avariciam abdicaret. Нес et alia plura bona dixit idem rex et
disposuit ante mortem. Postque die jovis sequenti mane amisit loqui usque ad diem veneris-, qua die circa terciam, secundum quosdam,
secundum alios circa meridiem, féliciter expiravit. Et incontinenti fuit fractum sigillum magnum regium atque parvum.

Item de domino Gelramo dicitur quod, tempore quo dictus rex laborabat quasi in extremis, idem dominus Gelramus rogavit dictum
regem ut recomendaret ipsum domino filio suo regi Navarre. Et dominus rex predictus recomendavit eum sibi, ita quod, si inveniret
ipsum fideliter se habuisse in servicio suo, quod non moveret nee aufferret sibi aliquid de bonis suis; alioquin faceret quod sibi videretur.
Et post obi turn dicti régis dici tur quod fuit inhibitum dieto domino Gelramo quod non recederet a curia, quousque reddidisset
computum de administratis et quod, extunc, non intromiteret se de thesauro régis nec aliquis pro eodem. Et hoc multi asserunt, nescio
tamen si continet veritatem.

Item seiatis, domine, quod infîrmitas dicti régis sumpsit exordium ни die novembris, dum rex venabatur in nemore prope Pon
tem Sancte Maxencie. Et venit sibi subito in dicto nemore, ita quod per magnum spacium temporis non potuit loqui. Et, extunc, non
fuit bene sanus nec ilaris rex predictus. Et dicitur per aliquos quod cecidit de equo, nescitur per quem modum ; verum est tamen quod
ego fui ibi in crastinum et a quibusdam de familia régis pecii super hujus accidenti. Et dixerunt mini quod non ceciderat de equo set
alias subito copertum fuit cor ejus, ita quod per aliquod spacium non potuit loqui.

De dicto autem loco recessit per aquam apud Pissiacum et ibi fuit per x dies vel circa. Postea abinde recessit equitando, ut dicitur,
usque ad Aissonam et ibi fuit positus in leytera usque ad Fontembliaudii. Et ibi die jovis mane, xxviii die novembris, amisit loquelam
usque ad diem veneris, qua decessit in dicto loco, ubi etiam natus fuit.

Videtur autem verificata in aliqua sui parte philosophia magistri Martini, quam nuper misi domino nostro regi ac domino Poncio de
Garamanno. Que quidem philosofia, inter cetera, continet : Magnus rex passietur. Et sine dubio magnus rex passus est mortem. Et
mirandum de morte ejusdem quia medici, ut dicitur, nullam in ipso cognoscebant infîrmitatem. Est autem sciendum quod ante per
IIIIor dies, tune quando sol deberet pati eclipsim in XIIa parte sui, juxta dictam philosophiam, accidit illud quod proxime scriptum est
dicto domino regi.

Item non videtur micbi expediens, salvo semper meliore concilio, quod ex parte domini nostri régis delegentur aliqui ambaxatores ad
partes istas, quousque dominus Ludovicus rex novus fuerit coronatus. Et dicitur quod coronabitur satis cito in eclesia Remensi, ubi
consueverunt coronari predecessores ejusdem. Et presumitur et habetur spes et fîducia quod dictus rex novus rectificabit concilium suum
et purgabit domům Francie malis hominibus, si qui erant, propter instruxionem seu doctrinam paternam, que penes dictum novum
regem, ut dicitur, remansit in scriptis.

Post predicta intellexi quod dictus dominus rex non coronabitur citra festum Epiphanie Domini ; et forte posset esse quod ulterius
ejus coronacio differretur ex causa. Quare super adventu ambaxatorum domini nostri régis provideant illi ad quos pertinet, prout
eorum discrecioni videbitur expedire. Scire tamen volo nobilitatem vestram quod dominus rex Francie nondum providit sibi de concilio
nec de cancellario, quod sciatur; creditur, tamen, quod providebitur cito et quod in sequenti septimana tenebitur parlamentum. Dicitur
etiam pro certo quod dictus dominus rex recepit camarlanos et hostiarios armorum et notarium secretorum, eosdem quos pater suus
habebat dum vivebat. De domino Gelramo dubitatur an sit receptus in camarlanum, propter illa que superius scripsi vobis.

Gomes Flandrie, ut dicitur et pro certo, veniebat et fuit prope Pontisaram et ibi certificatus de obitu domini régis Francie retrocessit.
Set dicitur quod reveniet in propinquo. Et frater suus cornes de Namur fuit hodie cum domino rege Francie apud Vicenas.

Datum Parisius, vu die decembris anno M CGC XIIII.

Guillaume Baldrich, Lettre à Guillaume de Canet, Archives d'Aragon, Collection des Cartas Reales de Jacques II, n. 5031.


Dernière édition par Spes le Sam 1 Fév - 15:03, édité 4 fois
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MessageSujet: Re: Sources écrites sur les inhumations ou emplacements des tombeaux à Saint-Denis   Lun 6 Jan - 21:55

Bonsoir , et bravo pour votre travail cher ami .Mais n lisant les sources médiévale on remarque quelles sont différente ,surtout celles concernant la mort de constance d'Arles.Les deux auteurs Hugues de Fleury, et Raoul Glaber donne deux année différente le premier dit un an après la mort du roi tandis que le second dit trois an après la mort du roi .Qui parmi les deux a raison ?

..Au plaisir .
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MessageSujet: Re: Sources écrites sur les inhumations ou emplacements des tombeaux à Saint-Denis   Lun 13 Jan - 15:41

Anonyme et non pas Hugues de Fleury.  Wink 

Le fragment de l'Histoire des Français a été écrit vers 1108. Raoul Glaber a disparu après 1047.

Celui-ci étant un contemporain de Robert II le Pieux, il vaut mieux prendre sa date plutôt que celle dudit fragment près d'un siècle après.
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MessageSujet: Re: Sources écrites sur les inhumations ou emplacements des tombeaux à Saint-Denis   Lun 13 Jan - 21:12

Merci à vous cher ami pour ces précisions et je doit dire que se sujet sur les source écrite sont très intéressante surtout concernant les rois des première dynastie .Bravo et continuez .

Au plaisir .
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MessageSujet: Re: Sources écrites sur les inhumations ou emplacements des tombeaux à Saint-Denis   Lun 20 Jan - 13:14

Ajout de Louis VI le Gros, Philippe II Auguste et Louis VIII (cf. mon post sur les Capétiens).


Spes.
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MessageSujet: Re: Sources écrites sur les inhumations ou emplacements des tombeaux à Saint-Denis   Lun 20 Jan - 19:01

Cher ami continuez donc car ces source écrite sont intéressantes pour connaitre les cause et les lieux de décès des roi anciens .bravo

Au plaisir .
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MessageSujet: Re: Sources écrites sur les inhumations ou emplacements des tombeaux à Saint-Denis   Sam 25 Jan - 14:20

Ajout de Louis IX (cf. mon post sur les Capétiens).


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MessageSujet: Re: Sources écrites sur les inhumations ou emplacements des tombeaux à Saint-Denis   Mar 28 Jan - 17:47

Merci pour ce riche travail, cher Spes ! C'est remarquable ! cheers 
Il serait intéressant de retrouver aussi les sources concernant les tombeaux en métaux précieux de Philippe Auguste, Louis VIII et saint Louis. Ils ont disparu au XV° s. mais on est peu renseigné sur leur apparence. Ils faisaient pourtant l'admiration du monde occidental, ainsi que des ambassadeurs ou visiteurs byzantins et sarrasins. Certes, nous sortirions un peu du thème de ce post qui ne concerne que les obsèques, mais votre démarche de recherche des sources est très pertinente et doit nous servir d'exemple.
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MessageSujet: Re: Sources écrites sur les inhumations ou emplacements des tombeaux à Saint-Denis   Sam 1 Fév - 15:07

Ajout de Philippe IV le Bel (cf. mon post sur les Capétiens). Source en latin (pas glop-glop) mais un très (succinct) résumé dans le lien suivant (glop-glop) :

http://www.persee.fr/web/revues/home/prescript/article/bec_0373-6237_1897_num_58_1_447887


Comme j'ai fait un copier-coller du PDF vers le forum, il y a des coquilles typographiques dont j'en ai corrigées quelques unes. Pour le moment, je n'ai pas encore retrouvé de traduction de la lettre (ou des extraits de ladite lettre). Je lis un peu le latin mais je n'ai pas envie de donner une traduction à la c...  drunken 

Lorsque j'en aurai le temps, j'essaierai d'identifier tout ce qui a trait aux funérailles et à l'emplacement du tombeau de Philippe IV.


Spes.
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MessageSujet: Re: Sources écrites sur les inhumations ou emplacements des tombeaux à Saint-Denis   Lun 3 Fév - 23:07

Cher ami bravo pour votre travail mais pour le latin je ne saurais pas non plus vous aider. Mais qui sait peut être que un de nos membres le maitrise . en attendant j'ai hâte de lire la suite concernant le tombeau de Philippe IV le bel .

Au plaisir .
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MessageSujet: Re: Sources écrites sur les inhumations ou emplacements des tombeaux à Saint-Denis   

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Sources écrites sur les inhumations ou emplacements des tombeaux à Saint-Denis
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